« Je suis mille possibles en moi » (A. Gide)

Cths, 134e congrès, Bordeaux, 2009

Thématique:
Célèbres ou obscurs. Hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire

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© N.G. 2006

Communication par Nivoelisoa Galibert :

L’édition de la correspondance missionnaire comme paradigme de la résistance à l’oubli : l’exemple des lazaristes à Madagascar (1648-1674)

RÉSUMÉ

Le premier objectif de Vincent de Paul (1581-1660) était de « ré-évangéliser » les plus démunis de la population française. C’est dans le cadre de ce choix de la pauvreté citadine et rurale comme champ de priorité que, court-circuités par leur hiérarchie, les missionnaires lazaristes mobilisent l’esprit de charité qui préside à leur premier envoi en terre lointaine. Dès lors, évangéliser au Fort Dauphin de Madagascar revient pour eux à mener exactement la même action qu’auprès des populations pauvres de France. Dans l’esprit de l’abnégation propre à la congrégation, il s’agit ici d’une promesse de « palmes de martyre et de bénédiction providentielle ». Ne pourrait-on expliquer par cette posture que l’imaginaire collectif et institutionnel ait magnifié par la canonisation en 1737 la seule figure de M. Vincent ? et que cette opération symbolique ait entériné la méconnaissance portée sur l’action missionnaire en terre lointaine au XVIIe siècle ?
La mise au jour par l’édition scientifique de la correspondance lazariste adressée au supérieur fait état des aléas des données statistiques et permet une vision panoptique de l’implication réelle de ces ouvriers dans leur mission. Ce travail campe alors le vrai extrait du vraisemblable institué par une histoire traditionnelle de l’Église. D’une part, il nous enseigne que si les missions africaines semblent au XVIIe siècle « condamnées à l’échec » (M. Venard, 1997), plus que l’hostilité de l’habitant, c’est l’effet combiné des maladies, des difficultés de communication, des compromis de l’Église avec les chefs rituels et les pouvoir publics en poste – somme toute, le manque de préparation des missions françaises – qui a dans les faits ruiné la première évangélisation de Madagascar. D’autre part, il permet de rendre aux prêtres de la congrégation leur dimension prosopographique dans le temps long de l’Histoire française : ces missionnaires participent des premiers producteurs de savoirs sur l’autre à travers l’observation des mœurs zafiraminia, la rédaction d’un Petit Catéchisme en malgache (1657) et celle d’un Dictionnaire franco-malgache (1658) longtemps imputés à Flacourt, gouverneur de l’établissement du Fort Dauphin sous Colbert.


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