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Vazaha very : Le « décivilisé » de Charles Renel (1923) à Robert Mallet (1964)

La fausse énigme du Vazaha very
Le « décivilisé » de C. Renel à R. Mallet

DÉCIVILISÉS
© N.G. 2006

RÉSUMÉ

Avertissement : est « décivilisé » le personnage romanesque qui renonce à sa culture occidentale d’origine pour épouser les us et coutumes de Madagascar, ici terre d’accueil. Le néologisme de « décivilisation » est ainsi à manier avec précaution : elle supposerait qu’il n’est de civilisation qu’occidentale. La réflexion sur ce sujet peut aussi être enclenchée à partir du roman Les Civilisés de Claude Farrère (1905) portant sur l’Indochine.

Le cycle de la décivilisation présente une particularité parmi les littératures francophones de l’océan Indien : il s’agit de littérature française, écrite en français par des Français qui ont porté un regard scrutateur sur l’autre. Or, bien que l’entreprise de la « décivilisation » vise la fusion avec l’autre, le rapport avec l’environnement réel de ce dernier est le plus souvent stéréotypé, quand il n’est pas simplement occulté par le même qui surgit toujours comme valeur en dernier ressort.
De ce fait, ici, l’interculturalité se joue entre deux seuls éléments : d’une part, la culture de l’auteur/observateur et d’autre part, celle du lecteur/objet observé, en l’occurrence aujourd’hui l’enseignant originaire de l’océan Indien. On est alors en devoir de s’interroger sur les effets de sens de cette littérature de la décivilisation. Mais avec le recul du critique confronté à un objet historiquement daté.
C’est pourquoi, une fois étudiée la place/absence de l’autre dans le roman de la décivilisation, le recours à l’histoire littéraire et à ses techniques d’investigation permettra de poser les jalons de quelques axes de réflexion qui aideront le lecteur à replacer ce type de roman dans le cadre qui doit lui être dévolu :
- une réflexion sur les conditions d’émergence d’un mythe, notamment dans le cadre très vaste et protéiforme de l’exotisme (cf. les motifs, dont l’appropriation de l’espace et la renonciation comme dénouement)
- une réflexion sur le flou des frontières entre les sous-genres narratifs dans cette littérature : roman exotique, roman colonial, récit de voyage, récit utopique ou roman de la décivilisation ?
- une réflexion générale sur la liminarité selon V. Turner (1969 ;1990), passant par le thème de la décivilisation : déplacement du roman colonial au roman de l’errance et de l’inadaptation au monde (l’expression malgache Vazaha very signifie « le Blanc égaré »). Errance et inadaptation caractéristiques, semble-t-il, du roman moderne dans l’océan Indien.

Corpus :
- RENEL, Charles, Le Décivilisé, Paris, Flammarion, La Première Oeuvre, 1923, 249 p [2e éd. : Éd. Grand Océan, coll. "Le Roman colonial", 1999]
- POIRIER, Louis, Caïn. Aventures des mers exotiques, Paris, Rieder, 1930, 243 p.
- D’ESME, Jean, Epaves australes , Paris, Edition de la Nouvelle Critique, 1932, 246 p.
- MALLET, Robert, Région inhabitée, Paris, Gallimard, NRF, 1964, 190 p. [2e éd. : Gallimard, 1991]

[Lire le développement in Nivoelisoa Galibert : Préface du roman Le Décivilisé de Charles Renel, La Réunion, Éditions Grand Océan, coll. Le Roman colonial, 1999, p. 7-16.]


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