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Paysans, intellectuels et populisme à Madagascar…, par F. Raison-Jourde et G. Roy (Karthala, 2010)

Françoise RAISON-JOURDE et Gérard ROY, Paysans, intellectuels et populisme à Madagascar. De Monja Jaona à Ratsimandrava (1960-1975),

Paris, Karthala, coll. Hommes et sociétés, 2010, 490 p.

4e de couverture :

Pays indépendant depuis 1960, Madagascar connaît en 1971-1972 sa première grande crise. Le régime, réputé stable grâce à l’image débonnaire de son président, Philibert Tsiranana, s’effondre sous un double impact. D’abord en 1971, la révolte des paysans du Sud déshérité, sans armes, menés par Monja Jaona, ancien des luttes anticoloniales. Le brutal « rétablissement de l’ordre » révèle un rapport d’oppression et d’exploitation sous couvert d’un discours développementiste.

Puis c’est le mai malgache, manifestations de collégiens et étudiants font chuter le régime. Une génération de jeunes diplômés réclame des emplois et s’insurge contre le lien néo-colonial. Formée sur place, est-elle pour autant enracinée identitairement et consciente des difficultés des ruraux qui constituent plus des trois quarts de la population ? Dans l’encadrement entièrement français de coopérants et chercheurs, certains sont des alliés dans la critique du régime et aident à la montée d’intellectuels militants malgaches. Ensemble, ils opèrent des transferts de concepts et outils pour l’analyse des sociétés locales en termes de classe.

Mai 1972 amène aussi la prise en charge du paysannat par le ministre et colonel de gendarmerie Ratsimandrava qui opte pour la voie du fokonolona, unité de base  en partie autogérée. Populiste, il ne croit ni à la démocratie à l’occidentale ni aux partis. Son assassinat, éclairé ici avec précision, entraîne le gauchissement de son plan, repris par Ratsiraka dans un projet de révolution par le haut.

Ces épisodes majeurs sont éclairés par la parole d’acteurs locaux : paysans en réunion ou à la radio, histoire de vie de Monja Jaona, tournées de Ratsimandrava, courriers d’époque et entretiens actuels avec d’anciens coopérants. La reconstitution du champ intellectuel citadin est confrontée à la méfiance des « sans diplôme » qui ont la mémoire de 1947 et une riche imagination politique. Le tout se veut une fabrique de l’histoire malgache par le bas.


4 commentaires
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  1. Rabekoto

    Salama
    Merci pour ce joli clin d’œil historique . L’étude tombe en toute opportunité au moment même où une « réveil paysan  » fut constaté ici à Madagascar et ce , depuis 2005 , date qui coïncide avec la première et grande réforme Foncier…Peut être que le passé observé par des éminents chercheurs Outre Mer pourra éclairer le lendemain de la Nation ?
    Bien à toi et à vous tous

  2. Nivoelisoa GALIBERT

    Salama, Bekoto,
    On a tout de suite pensé à toi en recevant le livre dédicacé par Françoise Raison. Peut-être que Marie-Clémence et Cesar peuvent le commander pour leur boutique ? Mais il ne me semble pas encore en vente.
    Bien à toi.
    DidNivBx

  3. rabekoto

    Les Vertus De l’étranger disais -tu ? Mais ne sommes nous pas tous des étrangers sur cette Terre ?

    ô Nivoelisoa , Chère amie

    Il est des mots qui ne franchissent jamais nos lèvres et que nous n’arriverons jamais à dire et à prononcer . L’amour par exemple , cet amour où la plénitude du sentiment est telle que le silence est mieux que la parole et les cris ! L’amour absolu , non de la personne , mais du pays , de la grande île par exemple !
    Je relis , abattu et triste , d’un autre œil le livre de Nivoelisoa ,  » l »aube en Maraude : Soties  » . La chance , et le bonheur d’avoir été servi par Nivo elle même car elle me l’avais envoyé par poste d’Outre Mer , un fois . Le livre avait franchi les océans et les déserts et je le tiens là maintenant comme une relique , un symbole ou une frêle épave sur laquelle je m’accroche avec mes dix doigts …et mon âme en dérive !
    Vertige sans nom et perplexité me submergent en ce beau matin de Janvier où la saison des cyclones s’annoncent plus tôt que d’habitude ici chez nous , à Madagascar . Chez nous , Chère Nivoelisoa , très chère …

    Le livre est dédicacé à mon attention :  » Efa Voalazako fa KIAKIN ‘ NY TEZITRA ? ka aza tsaraina ny Mpanoratra ! Samy Tia Tanindrazana  » Namanao . Ngalibert .

     » J’ai déjà averti que ce sont des cris de colère , Ne juge pas l’écrivain . Nous aimons tous notre Tanindrazana ( Patrie )

    Affections

    Bekoto

  4. Belanto

    J’en ai entendu parler lors de multiples enquêtes et interviews effectuées par Madame Françoise Raison à Madagascar durant la préparation et l’écriture du livre. Le compte rendu que vous en faites, me donne une grande envie de le lire. Bien sûr, que je vais essayer de le voir en librairie ou en bibliothèque. Mais il faut compter assez longtemps pour le voir s’afficher dans les rayons. Que puis-je faire ? Que dois-je faire ? J’en profite pour vous demander s’il m’est possible d’avoir un contact (adresse e-mail) de cette éminente historienne qui a consacré une bonne partie de sa vie à l’étude de notre chère Patrie, Madagascar et de sa merveilleuse population.



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