« Je suis mille possibles en moi » (A. Gide)

Quelques travaux réalisés : ouvrages, articles et communications (1995-2009)

Bureau
© N.G. 2008

Voir Livres Google à l’URL : http://www.google.fr/search?hl=fr&lr=lang_fr&client=firefox-a&hs=umK&tbo=1&rls=org.mozilla:fr:official&tbs=bks:1&q=nivoelisoa+galibert&start=10&sa=N. Site consulté le 26 avril 2010.
PUBLICATIONS :
OUVRAGES

- Nivoelisoa Galibert : Relation véritable de la prise d’un terrible Géant en l’isle de Madagascar…, anonyme de 1665, présenté par Nivo Andrianjafy, Antananarivo, Éditions du Centre Culturel Albert Camus, 1995, 68 p.

- Nivoelisoa Galibert : Madagascar dans la littérature française de 1558 à 1990. Contribution à l’étude de l’exotisme, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2 tomes, 1997, 1160 p [thèse de doctorat d'Etat, février 1995]

- Nivoelisoa Galibert : Chronobiliographie analytique de la littérature de voyage sur l’océan Indien des origines à 1896 – Madagascar Maurice Réunion -, Paris, Honoré Champion, coll. Histoire du livre et des bibliothèques 4, 2000, 239 p

- Nivoelisoa Galibert : À l’angle de la Grande Maison. Les Lazaristes de Madagascar : correspondance avec Vincent de Paul (1648-1661), Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. Imago Mundi, Série Textes 3, 2007, 543 p. (+ 11 p. ill., h. t.)

ARTICLES, CHAPITRES D’OUVRAGE ET COMMUNICATIONS

- Nivoelisoa Galibert : « Le regard de l’Autre et Madagascar », in Jean-François Reverzy, éd., L’Exclusion, Saint-Gilles (La Réunion), 05-10 novembre 1995. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar dans la Littérature française de 1558 à 1990 : contribution à l’étude de l’Exotisme », Antananarivo, Académie Nationale malgache, 15 juin 1995. Présentation de thèse. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Liliane Ramarosoa : Anthologie de la littérature malgache d’expression française des années 80, Paris, L’Harmattan, 1994 », Notre Librairie, n° 128, oct.-déc. 1996, p. 96. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Jean-Louis Joubert, et al. : Littératures francophones de l’océan Indien. Anthologie, Paris, ACCT, 1996 », Notre Librairie, n° 128, oct.-déc 1996, p 39. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar », Guide du théâtre en Afrique et dans l’océan Indien, Première édition, Paris, Afrique en créations, 1996, p. 191-193. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Le français à Madagascar : l’exemple de l’art dramatique » in Sélim Abou et Katia Haddad, éds., La Diversité linguistique et culturelle et les enjeux du développement, numéro spécial d’Actualité scientifique, Paris / Beyrouth, AUPELF/UREF / Université Saint-Joseph de Beyrouth, 1997, p. 391-409. Communication 1995

- Nivoelisoa Galibert : « Histoire, littérature et société : le silence malgache », in Jean-François Reverzy, éd., Désir colonial et psychanalyse de la décolonisation, Antananarivo, ASPMOI/ARRPPOI/Editions Grand Océan/Université d’Antananarivo, 28-29-30 novembre 1997. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Le décivilisé de Renel à Mallet », Séminaire international DEA Langage et parole , UPRESA 1041 du CNRS, 10-14 février 1997. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Les écrivains français et Madagascar : de la Relation véritable au conte philosophique », in Paolo Carile,dir., Sur la route des Indes Orientales Aspects de la francophonie dans l’océan Indien, Paris/Ferrare, Nizet / Schena, t. 2, 1998, p. 71-93. Article

- Nivoelisoa Galibert : Préface du roman Le Décivilisé de Charles Renel, La Réunion, Éditions Grand Océan, coll. Le Roman colonial, 1999, p. 7-16. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Libertalia : le rêve pirate de 1709-1710 », Bulletin de l’Académie Malgache, Tananarive, tome 76/1-2, 2000 (2001). Communication 1998

- Nivoelisoa Galibert : « Littérature et sociologie. Point sur la littérature malgache d’expression française », in Jean-François Hamon et Yu-Sun Live, éds., Kabaro, revue internationale des sciences de l’homme et des sociétés, vol. 1, n° 1/2, Paris, L’Harmattan/Université de la Réunion, 2000, p. 203-219. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Le ‘décivilisé’ dans la littérature française sur Madagascar », in Bulletin de l’Académie Malgache, tome 75/1-2, p. 17-23. Communication 1999

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar : les femmes écrivains des années 1980 et la langue française », in Jean-Cléo Godin, éd., Nouvelles écritures francophones : vers un nouveau baroque ?, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, coll. Espace littéraire, 2001, p. 428 à 439. Communication 1998

- Nivoelisoa Galibert : « Histoire, littérature et société : le silence malgache », in RAHARIMANANA Jean-Luc, éd., La Littérature malgache, Interculturel Francophonies 1, juin-juillet 2001, Lecce (Italie), Argo Editions, 2001, p. 87-103. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Mer Indienne et imaginaire français au XVIIe siècle : Relation véritable de la prise d’un terrible géant dans l’Isle de Madagascar…, récit anonyme de 1665 », in V. Y. HOOKOOMSING et Kumari R. ISSUR, éds., L’Océan Indien dans les littératures francophones, Paris, Karthala /Université de Maurice, 2003, p. 40-55. Communication 1997

- Nivoelisoa Galibert : « Daniel Defoe, le rêve pirate et l’océan Indien : un siècle de distorsions (1905-1998) », in Sophie LINON-CHIPON et Sylvie REQUEMORA, éds., Les Tyrans de la mer. Pirates, corsaires et flibustiers, Paris, Presses de l’Université Paris Sorbonne, coll. Imago Mundi 4, 2003, p. 265-281. Communication 2000.

- Nivoelisoa Galibert : « Itinéraire d’un volcan : savoir, idéologie, imaginaire autour du Piton de La Fournaise de J.-B. Bory de Saint-Vincent (1804) à M.-A. Leblond (1946) », in Dominique BERTRAND, éd., Mémoire du volcan et modernité, Université de Clermont-Ferrand, Paris, Honoré Champion, 2004, p. 179-194. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « Coalescence : voyageurs français et écrivains créoles réunionnais devant le piton de la Fournaise (1801-2001) », in Jean-Luc RAHARIMANANA, éd., Identités, langues et imaginaires dans l’océan indien. Interculturel Francophonies, Lecce, Argo [Alliance française], n° 4, nov.-déc. 2003, p. 153-176. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Port de badge et vision panoptique : les dockers’ flats de Port-Louis dans Rue La Poudrière (1988) d’Ananda Devi », in Ports et voyages dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe-XXe siècles.) Revue Historique des Mascareignes, Association Historique internationale de l’Océan indien (AHIOI), Université de La Réunion, n ° 5, 5e année, 2004, p. 95-109. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Fanjahira ou la coupure », Ports et voyages dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe-XXe siècles). Revue Historique des Mascareignes, Association Historique internationale de l’Océan indien (AHIOI), Université de La Réunion, n ° 5, 5e année, 2004, p. 183-189. Communication 2003

- Nivoelisoa Galibert : « La beauté convulsive du pic du Teide », in Dominique BERTRAND, éd., L’Invention du paysage volcanique, Presses de l’Université Blaise Pascal, coll. Volcaniques, 2004, p. 153-166. Article

- Nivoelisoa Galibert : Chronobibliographie analytique d’ouvrages de voyages sur La Réunion, des origines à la fin du XIXe siècle, N. Dodille, éd., http://www.littérature-réunionnaise.com. Base de données bibliographiques

- Nivoelisoa Galibert : « Désirs et symptômes : l’invention de l’espace dans Poèmes et paysages (1852-1892) », in Prosper ÈVE, éd., Auguste Lacaussade (1815-1897). Le fils d’une affranchie d’avant 1848. Milieu. Action. Modernité, s.l. [Saint-Denis de la Réunion], Océan Éditions, 2004, p. 223-235. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « De l’obsidienne capillaire aux cheveux du volcan : le Piton de la Fournaise dans la psyché des contes pour la jeunesse », Marie-Françoise BOSQUET et Françoise SYLVOS, éds., Magma mater. Imaginaire du volcan dans l’océan Indien, Paris / Saint-Denis, L’Harmattan / Université de La Réunion, Le Publieur, 2004, p. 33 – 50. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « La pierre vierge de tout ciseau : Nicolas Mayeur (1747-1813), voyageur interprète, et les pratiques dévotionnelles malgaches », in Sophie LINON-CHIPON et Jean-François GUENNOC, éds., Transhumances divines. Récits de voyage et religion, Paris, PUPS, coll. Imago mundi 9, 2005, p. 211-222. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « Saveurs osées : Le Repas et l’amour chez les Merinas de Jean Paulhan (1912) », in Corinne DUBOIN, éd., Dérives et déviances, Paris / Université de La Réunion, Le Publieur, 2005, p. 233 – 244. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « L’océan Indien missionnaire à l’épreuve de l’altérité : du dispositif triadique Réunion-Maurice-Madagascar au procès d’inculturation (XVIIIe-XXe siècles) », Dynamiques dans et entre les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe au XXIe siècles), Revue historique de l’océan Indien, n° 1 , 2005, p. 17 – 31. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « Régions inhabitées : l’invention du paysage malgache dans l’œuvre de Robert Mallet (1915-2002) », in Serge MEITINGER, éd., Espaces et paysages. Cahiers CRLHOI, n° 14, Paris / Saint-Denis, L’Harmattan / Université de La Réunion, 2006, p. 226 – 238. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Des lettres encodées à l’itération : la face lisible de l’identité lazariste au Fort Dauphin (1648-1661) », Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 3, mars 2006, p. 9 – 18. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Res fictae, res factae : les lazaristes du Fort Dauphin dans l’imaginaire collectif », Varia. Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 5, mars 2006, p. 9 -18. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Métissages dans l’écrit littéraire malgache de 1926 à 1972 », Kiltir kreol / Culture créole, n° 5, octobre-décembre 2005, Maurice, Centre Nelson Mandela, 2005, p. 63-74

- Nivoelisoa Galibert : « Exilée du langage. Ananda Devi : entre cosmopolitisme et repli sur soi », Les Femmes dans l’océan Indien. Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 6, septembre 2006, p. 85 – 94. Article

- Nivoelisoa Galibert : « De l’histoire-récit à l’histoire-discours », Science, Techniques et Technologies du XVIIe au XXe siècles, Revue historique de l’océan Indien, n° 2, 2006, p. 298-301. Synthèse de colloque. Communication 2005

- Nivoelisoa Galibert : « Séméiologie des maladies tropicales au XVIIIe siècle : du Nouveau Voyage aux grandes Indes […] de Luillier (1726) aux Études de la nature de Bernardin de Saint-Pierre (1784) », Science, Techniques et Technologies (XVIIIe au XXIe siècles), Revue historique de l’océan Indien, n° 2 , 2007, p. 7 – 18. Communication 2005

- Nivoelisoa Galibert : « Hilaire Dovonon : La Floraison des baobabs. Nouvelles, Gibles, d’un Noir si Bleu, coll. Traverses, 2006, 269 p », Retours sur la question coloniale. Cultures Sud. Notre Librairie, n° 165, avril – juin 2007, p. 149. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Les ‘sentiers vagabonds’ de Barlen Pyamootoo », Nouvelle génération. 25 auteurs à découvrir. Cultures Sud. Notre Librairie, n° 166, juillet-septembre 2007, p. 147-149. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Jacques-Félicien, enfant choyé de la croix catholique », Jean-Luc RAHARIMANANA, éd., Jacques Rabemananjara. Interculturel Francophonies, n° 11, juin – juillet 2007, p. 181-199. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Palimpsestes dans l ‘écrit littéraire malgache », L’Archipel des Lettres, Ouessant, Association CALI (Cultures, Arts et Lettres des Îles), n° 1, janvier – juin 2007, p. 90-107. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Jacques Rabemananjara (1913-2005). Une perpétuelle négociation de l’identité », Poésie : Grandes Voix du Sud, Cultures Sud. Notre Librairie, n° 164, janvier – mars 2007. Article

- Nivoelisoa Galibert : « De l’ambiguïté d’une oeuvre à l’ambivalence d’une décolonisation : les Réunionnais Marius-Ary Leblond et l’océan Indien », in Y. Combeau, éd., avec la collaboration de Didier Galibert, La Réunion et l’océan Indien. Histoire et Mémoires. XVIIIe-XXIe siècles, Paris, les Indes savantes, 2007, p. 117 – 128. Communication 2006

- Nivoelisoa Galibert : « Océan Indien : Madagascar et Mascareignes : XVIIe-XXIe siècles », in Claire LAUX, éd., Les Écritures de la mission dans l’outre-mer insulaire (Caraïbes, Océanie, Mascareignes, Madagascar), Turnhout, Brepols Publisher, coll. Anthologies et documents de textes missionnaires, 2007, p. 65 –126. Chapitre d’ouvrage

- Nivoelisoa Galibert : « Lettres du Fort Dauphin à Vincent de Paul (1648-1655) : un corpus encodé, lieu de surgissement de l’identité lazariste. Comparaison entre le Registre 1501 Madagascar et les manuscrits dits ‘du père Baldacchino’ », Transversalités. Revue de l’Institut catholique de Paris, n° 104, oct. déc. 2007, p. 113-124 [actes, Ch. Paisant, éd., Les Écrits missionnaires. Le non publié, le publié, colloque du Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur les Écritures Missionnaires de l’Institut Catholique de Paris (4-5 mars 2005)]

COLLOQUES : N. B. Voir aussi les mentions « Communication » dans paragraphe « Publications : Articles et communications »

- Nivoelisoa Galibert : « À propos d’un retour de Goa : Lettres de Lazaristes du Fort Dauphin (1649-1656) à Monsieur Vincent de Paul (5 février 1650) », in CRLV (Paris-IV Sorbonne), Université de Nice et Château de Grignan, Grignan, éds., Imago Mundi II : Lettres et images d’ailleurs, 19 et 20 octobre 2001. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Lettres du Fort Dauphin à Vincent de Paul (1648-1655) : un corpus encodé, lieu de surgissement de l’identité lazariste. Comparaison entre le Registre 1501 Madagascar et les manuscrits dits ‘du père Baldacchino’ », in GRIEM, éd., Les Écrits missionnaires. Le non publié, le publié, Paris, Institut Catholique de Paris, 4 et 5 mars 2003. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Quelques enjeux littéraires et stratégiques de la diaspora francophone de l’océan Indien » in Peter HAWKINS et Julia WATERS, éds., Les littératures et cultures post-coloniales de l’Océan indien francophone : diasporas, migrations et identités, Centre for Study of colonial and postcolonial Societies, University of Bristol, 13 – 15 juillet 2006. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Dialogue avec l’autre, dialogue avec le même : un témoignage missionnaire à Madagascar en 1929 », in Jean-Michel RACAULT et Marie-Françoise BOSQUET, éds., Le Dialogue d‘idée et ses formes littéraires, Paris/Saint-Denis de La Réunion, L’Harmattan : Université de La Réunion, 2008, p. 233-243 [Journée Crlhoi, Université de La Réunion, 25 mars 2006]. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Du désordre fictionnel aux faits éclairants : le citoyen Lescallier à Madagascar (1792) », in Jean-Michel RACAULT et Marie-Françoise BOSQUET, éds., Colonisation et idéologies coloniales dans l’océan Indien (16e-18e siècles) : échos et prolongements, Université de La Réunion, Journée Crlhoi, 14 avril 2007. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « La ‘conversion des peuples’ : lazaristes et antanosy à Madagascar au XVIIe siècle », in P. ÈVE, éd., Missiologie de l’océan indien, Université de La Réunion, 9-11 avril 2007. [Voir Documents sonores de l'ARCC (Association Réunionnaise Culture Communication), courriel : culturearcc@gmail.com] Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Le non-dit de Barlen Pyamootoo (né en 1960) : Hindous et Créoles de Maurice entre identité, ipséité et altérité », in Nicole Khouri, éd., L’Afrique des Indiens. Outre-Mers. Revue d’histoire, n° 360-361, 2e semestre 2008, p. 109-127. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Aux sources de l’hybridité : le citoyen Lescallier à Madagascar (1803) », colloque Sielec [Société internationale d'étude des littératures de l'ère coloniale], Culture, identité et transferts culturels : Étude des imaginaires culturels à l’Ère des empires, Montpellier, Université Paul Valéry, 14 – 16 mai 2008. Communication [actes à paraître in Les Cahiers de la Sielec en 2010]

- Nivoelisoa Galibert : « De l’isle Saint-Laurent à l’isle Bourbon : mariages mixtes au fort Dauphin au XVIIe siècle », L’Archipel des Lettres, n° 3, juin-décembre 2008, p. 107 – 117. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Entre Histoire et Mémoire : le mystère des origines à Madagascar », Ouessant, Association CALI (Cultures, arts et littérature insulaires], La Naissance des îles, Salon international du Livre insulaire, samedi 23 août 2008. Conférence

- Nivoelisoa Galibert : « Johary Ravaloson ‘Entre désir et détermination’ », Cultures Sud, n° 170, juillet-septembre 2008, p. 117-122 p. [Article, CR, extrait choisi de La Porte du Sud]

- Nivoelisoa Galibert : « À l’angle de la Grande Maison : le Fort Dauphin des lazaristes (1648-1674) », in Marie-Françoise Bosquet, Serge Meitinger et Bernard Terramorsi, éds., Aux confins de l’Ailleurs. Voyage, altérité, utopie. Hommages offerts au professeur Jean-Michel Racault, Paris/Saint-Denis, Klinclsieck/Université de La Réunion, 2008, p. 23-33. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Dialogue avec l’autre. Dialogue avec le même. Un témoignage missionnaire à Madagascar au début du XXe siècle », in Marie-Françoise Bosquet et Jean-Michel Racault, éds., Pour une poétique de l’échange philosophique : le dialogue d’idées et ses formes littéraires, Paris / Saint-Denis de La Réunion, L’Harmattan/Université de La Réunion, 2008, p. 233-244

- Nivoelisoa Galibert : « Des mystères essentiels du christianisme au syncrétisme : les missionnaires de Canada vus par les lazaristes à travers les textes de Vincent de Paul (1633-1660) », in Nicole LEMAITRE, éd., La Mission et le sauvage. Huguenots et catholiques d’une rive atlantique à l’autre, XVIe-XIXe siècles, Paris, CTHS, coll. CTHS Histoire, 2009, p. 183-198 [Actes du 133e congrès du Cths, Comité des travaux historiques et scientifiques], Migrations, transferts et échanges de part et d’autre de l’Atlantique, à l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de Québec, Québec, 2-6 juin 2008. Communication

- Nivoelisoa Galibert :  » Cultures citadines et esthétique de la réception : le cas du roman malgache Za de Raharimanana (2008) », in Jocelyn Chan Low, Prosper Ève et Faranirina Rajaonah, éds., Colloque international Multiculturalisme, échanges et métissages culturels dans les villes de l’océan Indien occidental (XVIIIe-XXe siècles), Paris-Diderot, Sedet, 13-15 novembre 2008 [actes à paraître en 2009]

- Nivoelisoa Galibert, « L’édition de la correspondance missionnaire comme paradigme de la résistance à l’oubli : l’exemple des lazaristes à Madagascar (1648-1674) », in Célèbres ou obscurs. Hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire, Cths, Bordeaux, 20 – 25 avril 2009. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Bildungsroman et décolonisation de Madagascar : Le Goût de la mangue de Catherine Missonnier (2001) », in Norbert DODILLE, éd., Idées et représentations coloniales dans l’océan Indien du XVIIIe au XXe siècles , Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. Imago mundi 17, 2009, p. 451-465. Communication

- « Res fictae, res factae : les lazaristes de Madagascar au XVIIe siècle », Séminaire LMD, François Moureau, éd., Récits de première rencontre, Université Paris-Sorbonne, CRLV, 30 mars 2010. Conférence.

- Nivoelisoa Galibert : « L’invention des tropiques à travers l’oeuvre malgache de Robert Mallet (1915-2002″ in Cths, Paysages,  135 e congrès du Cths, Université de Neuchâtel, 6-11 avril 2010. Communication

 - Nivoelisoa Galibert :  » Les Vazaha very. Figures de décivilisés, de Renel à Mallet (1923-1964) « ,  RIRRA21/ MSH / SIELEC, in Les nouveaux mondes. Un mythe fondateur des littératures de l’ère coloniale, Montpellier, Unversité Paul Valéry, 26-28 mai 2010. Communication

- Nivoelisoa Galibert :  » ‘Mon Afrique qu’ils ont cambriolée‘  : les littératures de l’impertinence de Damas à nos jours   » , in Elikia M’Bokolo, Catarina Madeira-Santos, Jean-Claude Penrad, éds, Il était une fois les indépendances africaines…, Paris, EHESS, jeudi 21 et vendredi 22 octobre 2010 (à l’occasion de la Commémoration des 50 ans des décolonisations). Conférence-débat [Discutants : Livia Apa (Universiate di Napoli – L’Orientale), Jean-Paul Colleyn (EHESS) - Jean-Luc Racine (FMSH – CNRS)].

 



Jean-Pierre Haga Andriamampandry présélectionné à Ouessant

La 12e édition du salon international du Livre insulaire se tient à Ouessant depuis mercredi 18 et jusqu’au dimanche 22 août.

A l’honneur cette année, les îles bretonnes, avec l’accent mis sur le centenaire de la naissance du grand écrivain Henri Queffélec. Parmi les invités, Johary Ravaloson et Sophie Bazin, lauréats du « Regard poétique » dans l’édition précédente avec « Zafimaniry intime« . Sont présents également sur les stands les éditions Dodo vole de Sophie Bazin et les éditions Jeunes malgaches de Marie-Michèle Razafintsalama (Antananarivo), créées en octobre 2004. Celles-ci comptent aujourd’hui 14 titres pour les enfants, en malgache, en français et en bilingue franco-malgache.

Le palmarès du prix international du Livre insulaire a été déclamé mercredi 18 août. Le roman « L’Oeil du cyclone » (Orphie éditions) du Malgache résidant à La Réunion, Jean-Pierre Haga Andriamampandry, a été présélectionné dans la catégorie « Fiction« . Mais les décisions finales ont distingué « Jon l’Islandais » de Bruno Halluin (éditions Gaïa), ex-aequo avec « Le petit Désordre de la mer » de Joëlle Ecormier (océan Editions).

Le grand prix des îles du Ponant a été décerné au Beau Livre « Le Phare Amédée » de Valérie Vattier et Vincent Guiguenov (Editions Point de vue).

Le jury, présidé par la pianiste de renommée internationale Anne Quéffelec, était composé de Danièle Auffray, chercheur au CNRS, spécialiste d’histoire maritime ; de Gwen Català, écrivain partageant sa vie entre la Thaïlande et la France ; de Gilbert David, géographe de la mer et des îles à l’IRD, ; de Nivoelisoa Galibert, professseur de littératures comparées et spécialiste des littératures des voyages (Paris-Sorbonne) ; de Catherine Domain, fondatrice de la librairie Ulysse au coeur de l’île Saint-Louis à Paris ; de Gérard Le Gouïc, écrivain et fondateur des éditions Telen Arvor (Finistère).

Rappelons que ce prix est ouvert à tous les ouvrages produits dans l’année ouvrable en cours (d’avril 2009 à mars 2010, cette année).

Nivoelisoa Galibert

NB Cet article est paru dans Les Nouvelles (Antananarivo du lundi 23 août 2010)



Entre femmes et géographie (par Alessandra Grillo)
3 mai, 2010, 18:22
Classé dans : compte rendu,difference,reflexion,voyage

Luisa Rossi, L’altra mappa. Esploratrici, viaggiatrici, geografe, Reggio Emilia, Diabasis, collection “Passages”, 2005, 432 p., 25 €, 4 cahiers de photos dont 1 en couleur, ISBN 88 8103 281 3

Luisa Rossi propose un voyage parmi les exploratrices et les voyageuses qui, à partir du XVIe siècle jusqu’au début du XXe ont lutté contre les préjugés d’un monde scientifique tout masculin. Pour la première fois on présente un travail sur les connaissances que les femmes on apporté aux études géographiques, avec un parcours à travers les noms les plus célèbres du voyage au féminin au XIXee siècle pour continuer les études et les expérimentations scientifiques, face à un monde universitaire masculin qui boycotte la volonté et la culture féminine.

Entre femmes et géographie (par Alessandra Grillo) dans compte rendu L%27altra%20mappaDonne, viaggiatrici, letteratura al femminile. Quando si usano termini del genere, immediatamente si inizia a pensare a categorie, a casi eccezionali, a stranezze della natura degne dei racconti sugli enfants sauvages: una donna in viaggio per i deserti dell’Asia, la savana africana o i ghiacci del Polo? Che bizzarria! Che follia! Addirittura, che scandalo! Quando ci si ritrova di fronte alla caparbietà di alcune donne che vogliono farsi largo nel mondo tutto maschile delle esplorazioni, della geografia o della scienza, non si può non riflettere sulla difficoltà e sui pregiudizi contro i quali fino al XX secolo l’universo femminile è costretto a scontrarsi.

Luisa Rossi presenta un panorama femminile molto vasto e ricchissimo, a partire dal Cinquecento fino al Novecento, per costruire una geografia diversa, un’altra mappa appunto; diverse opere hanno infatti approfondito le storie di donne che si sono ribellate ai clichés per mettersi in marcia sulle strade del mondo, L’altra mappa invece vuole studiare il ruolo femminile nella storia della geografia e della cartografia, proponendo dunque un terreno di lavoro relativamente vergine.

Nell’introduzione, Luisa Rossi ripercorre la storia delle donne e quella della geografia per cercare un punto di contatto tra i due binari. E nonostante le difficoltà oggettive, dovute principalmente all’impossibiltà da parte delle donne di ricevere una preparazione geografica e scientifica adeguata, assistiamo al ricco sapere prodotto dalle prime viaggiatrici che con i loro resoconti si fanno largo nel vasto mondo della letteratura di viaggio. [...]

Sia Margherita Hack sia Luisa Rossi sottolineano quanto ci sia ancora da fare in questo ambito tutt’oggi; L’altra mappa permette di colmare la lacuna sul contributo femminile alla geografia e fornisce inoltre una ricchissima mole di informazioni e di immagini di viaggiatrici tra Cinquecento e Novecento: da rimarcare infatti sono i diversi cahiers fotografici e cartografici di gran pregio sia nella particolarità e rarità delle immagini riprodotte sia nel formato e nella qualità della riproduzione.

 Quatrième de couverture : L’autrice ripercorre la storia delle donne e la storia della geografia allo scopo di “scoprire se e da quando ci sia stato e quale caratteristiche abbia avuto il contributo delle donne alla conoscenza e rappresentazione degli spazi geografici”. Malgrado le difficoltà poste dalla società e dal costume e la mancanza di preparazione specifica, molte donne si sono cimentate in viaggi anche avventurosi e in paesi lontani e ne hanno scritto: questo è stato a lungo l’unico modo che avevano per “fare geografia e produrre sapere geografico”. M. H.

Revers de couverture : È vero che “le donne non sanno leggere le carte” e che le loro attitudini territoriali sono molto più sviluppate, per natura, di quelle degli uomini? Davvero, rispetto ad essi, come afferma un solido pregiudizio, le donne hanno un minore senso di orientamento? E, infine, perché le donne sono rimaste, fino a tempi recentissimi, al di fuori delle istituzioni geografiche?

La storia della geografia e della cartografia risulta essere fino ad oggi una “storia senza donne”. Eppure dagli interstizi di una storia della geografia, della cartografia e del territorio scritte al maschile fuoriesce, con Luisa Rossi, un quadro diverso, un’altra mappa del mondo. “Altra”, perché i risultati delle ricerche mettono in luce una partecipazione femminile assai più ampia di quella conosciuta. “Altra”, in quanto, anche per il sapere territoriale, vale la teoria del posizionamento, si cui si fonda l’analisi di genere.

Dopo un’ampia introduzione teorica, il libro affronta una galleria di casi significativi della partecipazione delle donne al viaggio, alla scoperta e alla rappresentazione del mondo (sia in spazi esotici che vicini), concludendosi alle soglie del secolo scorso, con il primo ma non timido ingresso di una geografa nell’Università.

L’auteur : Luisa Rossi è professore di Geografia e Storia della geografia e delle esplorazioni all’Università di Parma e collabora con le università di Genova e Limoges. Si occupa di temi ambientali, paesaggio e storia del territorio toscano e ligure. Tra le sue più recenti pubblicazioni: Dora d’Istria. I bagni in mare: una principessa europea alla scoperta della Riviera (Genova, 1998), Lo specchio del Golfo. Paesaggio e anima della provincia spezzina (La Spezia, 2003) e Scoprire le carte. Qualche novità in fatto di donne e cartografia (“Archivio per la storia delle donne”, II, Napoli, 2005).

   


Alternatives internationales : point sur la crise malgache
5 janvier, 2010, 19:55
Classé dans : compte rendu,Didier Galibert,Madagascar,Politique,reflexion

[Article à la une de Alternatives internationales du 05 janvier 2010. URL : voir lien « Didier Galibert et Madagascar », en haut à gauche de votre écran « Madagascar : dérapage du combat factionnel ». Site consulté le 09 janvier 2010]
Madagascar : dérapage du combat factionnel

Le nouveau président malgache Andry Rajoelina vient de limoger son premier Ministre, rompant ainsi la médiation engagée avec l’opposition. Une brèche prétorienne nouvelle vient de s’ouvrir, lourde de menaces de brutalités militaires, même si les violences ont jusqu’ici été limitées.

Arraché sous la pression des bailleurs de fonds et des organisations régionales africaines depuis le renversement du président Marc Ravalomanana le 17 mars 2009, le consensus pour une sortie négociée de la crise malgache a éclaté. Malgré le refus d’Andry Rajoelina dit « TGV », les chefs de file des « mouvances » actuellement exclues du pouvoir se sont réunis une troisième fois à Maputo du 3 au 8 décembre à l’initiative de l’ex-président mozambicain Joachim Chissano, afin de répartir les ministères du gouvernement de transition. Andry « TGV » a aussitôt limogé le Premier ministre concédé à la médiation. Son remplaçant est un militaire très hostile aux réseaux de Marc Ravalomanana. Un an après les premières mobilisations populaires, les masques sont jetés.

Cette crise peut d’abord être lue comme une rivalité entre deux notables se disputant l’espace médiatique et les opportunités d’enrichissement, dans une surenchère à partir des mêmes atouts. Andry Rajoelina est originaire des Hautes Terres centrales, comme Marc Ravalomanana. Il appartient comme lui au milieu patronal de la capitale, porteur d’un idéal d’accumulation productive mais coupé des grands investissements accessibles aux sociétés étrangères, faute de moyens. Comme son adversaire en 2002, il se présente comme un homme nouveau, porté par l’idéal urbain d’individuation et adossé à sa position de maire de la capitale. Ce jeu de chaises musicales est éclairé par l’explosion démographique d’une société qui, jusque là, reposait sur le principe de séniorité. Aussi les initiatives du vainqueur de Marc Ravalomanana peuvent-elles apparaître comme un triomphe de la jeunesse, dans un amalgame entre l’impatience des cadets de la bonne société et l’appétit des jeunes déshérités de la ville basse, protagonistes des pillages de février 2009.

Un fossé s’était creusé entre Marc Ravalomanana et son armée, du fait de l’arrêt de la multiplication des hauts grades et de la distorsion avec les salaires de la police. On peut ajouter l’hypothèse d’un fléchissement du niveau de l’encadrement militaire, en rapport avec l’effondrement du système d’enseignement. Cette convergence ouvre une brèche prétorienne nouvelle à Madagascar : une armée moins légaliste et moins respectueuse de ses chefs, apte aux brutalités. Pour autant, la liberté d’action des soudards reste sous astreinte culturelle, au-delà de ce qui est dicté par les dissensions. Les violences sont à ce jour restées limitées, eu égard à la durée de la crise et à l’ampleur de la mobilisation internationale, malgré le massacre du 7 février contre les partisans d’Andry TGV ou les fusillades sporadiques dirigées contre ses adversaires, dits « légalistes », une fois le pouvoir conquis. Derrière l’occidentalisation de l’énonciation du politique, ces morts signent la violation partagée d’un code traditionnel assimilant l’ordre social et politique des vivants visibles au cosmos tout entier, comme si l’usage politique de la force impliquait un risque global portant la négation de toute légitimité. Aussi le pourrissement délibéré des situations ne se laisse-t-il pas enfermer dans la logique des coups bas du combat factionnel. L’agenda politique est distendu par une chorégraphie du double jeu, dont les termes défient la patience des partenaires étrangers tout en permettant une mise en attente du lien social. On songe en particulier à la participation des protagonistes à d’infructueuses réunions de conciliation organisées en février dernier par les ambassadeurs avec le concours des Églises, aux quatre sessions de négociations – à Maputo ou à Addis Abeba – et aux voyages financés surtout par l’Union africaine et la SADC.

Le projet de concession de terres à une filiale de l’entreprise sud-coréenne Daewoo a constitué une erreur politique de Marc Ravalomanana, dans un pays assimilable tout entier à un sanctuaire habité par les ancêtres. La crise dénote aussi une impasse de la matrice de l’action politique légitime, le chiffre d’affaires des entreprises de Marc Ravalomanana ayant probablement quadruplé à partir de son accession au pouvoir, dans une logique de croissance sans retombée sociale en milieu urbain. Mené avec le soutien des Églises, son combat de 2002 contre le président Didier Ratsiraka se résumait pourtant à l’instauration d’une gouvernance chrétienne faisant fi d’un idéal laïque assimilé à l’héritage colonial et tournée vers l’appropriation effective de la citoyenneté individuelle.

Prises à contre-pied par cette évolution, les Églises ont été incapables de jouer leur rôle d’encadrement et de médiation, d’autant plus que Marc Ravalomanana reste vice-président de la principale Église protestante. Plus inquiétant, le vide creusé par la faillite du seul modèle national de légitimité déchaîne le jeu des clientèles et accentue la fragilité des institutions.

Didier Galibert SEDET, Université Paris Diderot-Paris 7

05 Janvier 2010



Relation véritable au XXIe siècle : un portable devenu savonnette

Relevé dans L’Express de Madagascar, n° 4480 du 14 décembre 2009

© T.M., 2009

N.B. Ar ou ariary :  monnaie malgache (1euro =  13000 Ar environ)

 Un homme a perdu Ar 40 000 vendredi, en achetant un téléphone portable à Ampefiloha. Deux hommes ont réussi à le filouter en vendant un poste fabriqué à partir de savon de lessive. La victime affirme qu’elle ne s’est rendu compte de la manœuvre qu’au moment où il comptait se procurer un chargeur pour le téléphone.

 « Je cherchais des pièces de voiture quand deux individus m’ont accosté pour me proposer un portable », raconte-t-elle. Haut de gamme, celui-ci a été proposé à Ar 150 000. Le client s’est aussitôt intéressé à l’offre alléchante après avoir testé l’appareil avec sa puce. Pourtant, il leur a indiqué qu’il ne disposait que de Ar 30 000. Entre-temps, le téléphone, qui était remballé dans sa housse, a été déjà remis à l’un de ses interlocuteurs.

« Après une longue discussion, les malfrats ont concédé la marchandise à Ar 40 000 », dit la victime. Le poste payé, un des escrocs a sorti le paquet de sa poche. Confiant, le client ne l’a plus vérifié.

 La savonnette était cachée dans la housse et présentait la même taille que le vrai portable. Des touches de manipulation ont été collées sur l’une de ses faces.

 Teholy Martin Date : 14-12-2009



« Des petits bouts de mes rêves » par Claire G.
30 novembre, 2009, 12:46
Classé dans : compte rendu,correspondance,difference,lieux de culture,monde,societe,voyage

 Ma jeune nièce Claire est infirmière. Actuellement, elle est en vacances avec une amie en Nouvelle Zélande et elle écrit une chronique régulière pour ses proches. Cette relation-ci date du surlendemain du match-test où le Quinze de France a été battu par 12 à 39 par les All Blacks (28 novembre 2009). Pour ses loisirs, Claire fait elle aussi du rugby féminin à côté du surf.

Publié avec l’aimable autorisation de l’auteure © C.G., 2009

Kia Ora,                                                                                         Wainui, Gisborne

Tout d’abord merci à tout ceux qui m’ont envoyé un petit mot, j’en suis ravie ! Ici toujours du beau temps malgré du vent, du vent du vent… le soleil brûle (pas pour rien qu’on sent qu’il y a un trou  dans la couche d’ozone ici). Encore une session incroyable avec Moko le dauphin… J’étais à l’eau avec mes palmes et des amis surfeurs et Moko nous a rejoint pour… jouer. Seulement la bestiole fait quand même plus de 2m ! Il a passé son temps a mettre des grands coups de tête coquins dans les planches de surfs pour les voir tomber à l’eau, jouant à disparaitre de la surface pour réapparaitre plus loin. Et je l’ai longuement intrigué avec mes palmes, ils venait sous l’eau et restait sous moi à les toucher doucement avec son rostre, me poussant gentiment. Il y a des moments ou c’est un peu effrayant d’apercevoir cette grande bête dans l’eau immobile comme ça ! Il a une peau tellement douce et est tellement agile. Vendredi a été une journée incroyable, nous sommes partis à Tolaga Bay à une heure au nord de Gisborne. Léa avait déjà rencontré un couple étrange mais très sympathique et nous voulions leur demander de nous introduire dans leur Maraé (maison communautaire maorie dans lesquelles se passent tout les grands évènements de la vie). Allan et Bessie nous ont ouvert leurs portes et c’était incroyable, leur maison est située à l’embouchure du fleuve sur la mer, on peut voir toute la baie ainsi que les falaises, ils sont d’anciens fleuristes le jardin ressemble au jardin d’Eden, des arbres partout parfois fleuris, des palmiers,  des fuchsias, des pensées, des bougainvilliers… et tant d’autres plantes que je ne connais pas ! Ils nous ont invité à boire quelque chose et nous avons parlé de tant de choses, ils ont voyagé partout dans le monde avec leur tente ! Syrie, Lybie, Afghanistan, Chine… Ils sont incroyables, lui est anglais, il a d’ailleurs ce côté un peu guindé des Britanniques mais un sourire lumineux et la touche de décontraction apportée par les tongs qu’ils doit porter à l’année vu qu’elles ont foncé la peau de ces pieds ! Elle est maorie et a des cheveux qui tombent jusqu’aux chevilles (oui je vous jure elle les a détaché pour nous). Tout les 2 sont un peu les gardiens du Maraé (qui est encore utilisé bien sûr). Allan nous a introduites dans Ruhakapanga Maraé. Un maraé sert à prendre les décisions importantes de la tribu à célébrer les morts bref c’est un lieu spirituel dans lequel les maoris peuvent passer plusieurs jours. Il est tout en bois décoré de peintures (rouges noires et blanches) et de panneaux de bois sculptés. L’intérieur est fait de panneaux de flax tressés en motifs géométriques représentant la mer, la montagne… ils sont appelés Tuka Tuka et en alternance des panneaux de bois représentant toute la généalogie de la tribu (toute les personnes ayant contribué à l’histoire de leur communauté), le maraé représente le corps, l’ossature de la tribu comme si tous ne faisaient qu’un. Quand nous sommes repartis, c’était bien sûr avec des fruits, la promesse de revenir après noël pour faire du kayak dans la baie… Je mesure la chance que j’ai eue, entrer dans un maraé est difficile pour nous Pakehas ! Le reste de la journée a aussi été magnifique car nous sommes partis en rando, avec une petite partie de bush natif (avec les grandes fougères qui me plaisent tant) des prairies pleines de moutons et des côtes accidentées donnant sur Tolaga Bay et ses eaux turquoises au pied des falaises… Cela ne fait que 4 jours que je suis là et c’est tout les jours incroyable ! 

Au rayon des choses drôles, la Nouvelle Zélande mène une campagne de sensibilisation contre le cancer de la prostate… et vous savez comment : « grow a mo and help save a bro ! » ce qui signifie faites vous pousser la moustache pour aider un frère. Les kiwis se font pousser la moustache depuis le 1er novembre et envoient  leur photo sur un site internet, les gens y laissent des commentaires et des dons. Chaque jour dans le journal on peut voir un « best-of » ! c’est une manière sympa et décontractée de sensibiliser la population ! Autre grand moment : le match France Nouvelle Zélande… ça chambrait avant le match… et surtout après ! Heureusement ça a été un beau match et je m’en suis sortie par une pirouette en disant qu’on pouvait perdre contre les  Blacks mais pas contre l’Angleterre donc tout va bien ! Sur ce, je vous laisse et je m’en vais sur les routes avec notre maison aménagée direction l’île du Sud et ses paysages montagneux et peut-être même Stewart Island tout au sud. 

Muxuak

Claire



Prix du livre jeunesse Ouessant 2009 : un excellent cru

Relevé dans Le Télégramme, quotidien de Brest, du 21 août 2009, dans la rubrique Prix du Livre Insulaire

La présidente du jury du Prix du livre jeunesse, Nivoelisoa Galibert, a déclaré, hier midi, « que 2009 est un excellent cru » et a salué les efforts des éditeurs de l’océan Indien.

Deux romans pour adolescents et dix albums pour les plus jeunes ont été retenus pour concourir dans ce prix de la catégorie «jeunesse». Et les membres du jury, les deux élèves du collège des Îles du Ponant, Lucille Guillerm et Manon Riou, leur professeur de français, Jean-Jacques Salaün, et les deux enseignantes, Gwenaëlle Baamara et Sophie Marhic, ont été unanimes pour décerner le prix du conte contemporain à « Le phare de l’enfant algue », écrit et illustré par Hugues Mahoas (éditions Coop Breizh). Le prix album de la découverte a été attribué à « Ali de Zanzibar », de Salim Hatubou (Orphie éditions). Le jury a décerné deux mentions spéciales à « Joshua ou la mer des histoires », de Delphine Ratel et Virginie Grosos (éditions Millefeuille), et « Les orangers de Tahiti », de Roxanne Marie Galliez, Emmanuelle Tchoukriel et Clémence Vasseur (éditions Balivernes). Les deux jeunes collégiennes ont été particulièrement contentes de participer à ce jury littéraire, de lire tous les livres et de défendre ceux qu’elles ont aimé.

« J’ai découvert une culture »

Comme Lucille Guillerm, défendant la cause d’ « Ali de Zanzibar », de Salim Hatubou : « J’ai découvert une culture. Les illustrations sont magnifiques et je l’ai lu trois fois tellement je l’ai aimé! ».



PRIX DU LIVRE INSULAIRE D’OUESSANT 2009 : « Zaho Zafimaniry – Zafimaniry intime »

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© N.G. 2008

Catégorie « Regard poétique » :
Johary Ravaloson et Sophie Bazin, Zaho Zafimaniry – Zafimaniry intime, Antananarivo/La Réunion, éditions Dodo vole

par Nivoelisoa Galibert
(Article publié dans Les Nouvelles (Antananarivo à la parution de l’ouvrage)

Auteur de La Porte du Sud, « auteur dégagé » selon ses propres termes, Johary Ravaloson préside le groupe malgache « TsyKanto sy Tsimaninona [« Inesthétique et Insouciant »] et forme avec son épouse Sophie Bazin, comme lui plasticienne d’art contemporain, le tandem « Arius et Mary Batiskaf » (clin d’œil aux cousins Marius et Ary Leblond, célèbres écrivains de La Réunion où ils ont vécu pendant ces dix dernières années). Ludique et attaché à la transgression, le couple a toujours donné le ton à la défense du Dodo, oiseau emblématique des oubliés du Progrès.

Médecin et plasticienne, juriste et écrivain
Docteur en médecine, Sophie Bazin se consacre depuis 1996 à la peinture et à la gravure. « Volumes, performances et installations », précise-t-elle. Ses expositions sont connues aussi bien à Tana qu’à La Réunion ou dans sa Normandie natale : Padar à Tana, Les Fleurs bleues, Liberté plastik, Les Oiseaux, Sortir du corps, Mémoires organiques et autres réminiscences… Elle est actuellement en résidence de création à Caen. Quant à Johary Ravaloson, rappelons-le, nouvelliste et romancier, il a été plusieurs fois lauréat de concours francophones internationaux (Prix du Centre Régional des Œuvres Universitaires, 1996 ; Prix de la nouvelle de l’océan Indien, 1999 ; Prix Grand Océan de littérature d’inspiration religieuse, 2000 ; Prix Williams Sassine, 2005). C’est en 2005 qu’il remporte avec Les Larmes d’Ietsé le Prix du roman de l’océan Indien organisé annuellement par le Conseil général de la Réunion, jusqu’à présent inédité. Sans délaisser l’écriture (Géotropique est son dernier roman, à paraître), docteur en droit, il se retrouve depuis peu installé comme juriste dans sa ville natale, Antananarivo, où son épouse le rejoint.

« Du désir et de la détermination…, de l’ancestralité et de la contemporanéité »
L’idéal de vie du couple le positionne toujours entre le monde passé et le monde futur, lesquels le plus souvent sont une transmutation du présent. C’est en tout cas ce que Sophie Bazin et Johary Ravaloson donnent à percevoir dans Zaho Zafimaniry – Zafimaniry intime, relation d’un long voyage de 1996 à 2006, où ils ont vécu en alternance dans le triangle de la Réunion, du pays Zafimaniry et de l’hexagone. En découle un « savoir exogène – des lunettes singulières – », selon la superbe préface de Juliette Ratsimandrava. Un savoir qui permettra aux lecteurs d’apprécier à travers un texte bilingue de se laisser reconduire du « temps plié » vers un dedans d’une beauté exceptionnelle qui court après la règle. Photos (S. Bazin) et textes (J. Ravaloson) sont l’oeuvre à quatre mains d’esthètes qui ne concèdent rien au tamberi-tany  (perte de repères) d’un pays où carnet de route et tranches de vie au quotidien se font énonciation artisanale à la manière des contes : si proche du merveilleux, mais les pieds dans la réalité.

N.B. S. Bazin et J. Ravaloson, Zaho Zafimaniry – Zafimaniry intime, préface de J. Ratsimandrava, Éd. Dodo Vole, 2008, 84 p. et 48 photographies, papier filigrané, format 21 x 21 cm, 18 euros. Sorti le 24 mai 2008, disponible à Antananarivo à partir d’août, chez Lecture et loisirs (Galerie Zoom) et par le site des Éditions Dodo Vole dont les auteurs sont responsables : http://dodovole.blogspot.com/.



Mon coup de coeur : un récit de voyage sensible sur Madagascar

Dominique Rolland, Glissements de terrain : une ethnologue dans la vallée de Matitanana, Elytis. Coll. Grands voyageurs, 2007, 222 p.

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© L.L. 2009

4e de couverture :
« Glissement de terrain [sic], revient sur le passage personnel de l’auteur, en tant qu’ethnologue, dans une vallée retirée du sud-est de Madagascar. Trois années durant, Dominique Rolland côtoie les Antemoro de la Matitanana, suivant le cours de la vie et de ses rites. Carnet d’un voyage lointain, c’est un vrai regard critique sur le rôle de l’ethnologue qui se dégage de cette expérience malgache inédite.  » Il vous semblait autrefois, à Paris, que l’ethnologie devait témoigner de l’intelligence de l’homme, de sa capacité à dominer les contraintes naturelles pour organiser la vie en société. Faire de l’ethnologie, c’était le désir impérieux de dire à l’Occident que le monde est infini, que la richesse de l’humanité réside dans sa diversité. Plus qu’une discipline scientifique, vous embrassiez à bras-le-corps une morale, et peut-être que sommeillait en vous la présomptueuse idée qu’il y avait quelque chose à racheter. L’ethnologie d’alors avait des allures de pratique militante opposée à l’insupportable superbe d’un monde qui s’affirmait seul tenant de l’intelligence, de la raison et de l’efficacité « .

N.B. J’ai entendu l’auteur, maître de conférences à l’Inalco, réciter un long passage de son livre aux Voûtes (Paris 13e) sous l’égide de Laterit Productions (Marie-Clémence et Cesar Paes), c’était à vous donner des frissons. D’ailleurs, je l’entends toujours en écho : « Mangatsiaka... », insistant sur chaque voyelle, à la façon antemoro. J’étais à nouveau dans le Matitanana. (NG)



Nicolas Fargues et Madagascar

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© N.G. 2009

AUTOUR DE « RADE TERMINUS » (P.O.L., 2004) DE NICOLAS FARGUES :
QUEL SYNDROME RICHARD GERE ?
par Nivoelisoa Galibert

Crevons l’abcès : lors de son mandat de directeur d’Alliance française à Diego-Suarez, en même temps que sa littérature, Nicolas Fargues vendait-il son physique au lecteur ? Nicolas Fargues aurait-il lui aussi été atteint du mal de la « belle gueule » baptisé par les critiques « syndrome Richard Gere » (1) ? Mais je n’irai pas jusque-là : Fargues est un écrivain très professionnel.

À force de voir ses photos, de s’entendre répéter par la critique journalistique, majoritairement féminine (2), et par la plus commune des mortelles, ainsi la lectrice du Centre culturel français, qu’il est beau, avec ou sans agacement, c’est bien une des questions que se posent maintenant lecteurs et lectrices : Nicolas Fargues vend-il son visage et sa silhouette au détriment de son talent ? En effet, sauf exception, chaque critique de Fargues est accompagnée d’une photo avantageuse, fidèle toutefois à la réalité. La plus sensuelle étant celle, éthérée, publiée par le magazine Elle le 25 octobre et itérée par le quotidien Les Nouvelles de Tana le 12 novembre 2004. À moins qu’il ne s’agisse d’un montage, à moins qu’un photographe n’ait été dépêché exprès à 9000 + 900 Km sur les lieux de travail de l’écrivain provocateur, le cliché a été réalisé devant la baie de Diego-Suarez. J’en déduis que le document a émané de l’auteur pour accompagner Rade Terminus. Ajoutons à cela que Nicolas Fargues habille de son visage des publicités pour dames, informe Christian Chadefaux dans le même article des « Nouvelles ». Rappelons-nous enfin ce qu’écrivait Biba en 2002 : que depuis Sartre, les intellectuels, qu’il s’agisse de Luc Ferry ou de B.-H.L., ont désormais un devoir implicite de séduction physique. Mèche folle élaborée, ou chemise en lin immaculé sont désormais de mise.

Ce que je crains, c’est que cette visualisation répétée d’une « belle gueule » ne provoque l’effet contraire chez le public : l’agacement, la fatigue due au matraquage du « contenant ». C’est à peine si l’on a envie de prendre connaissance du contenu dans cette visualisation permanente. Ouvrant « Le Nouvel Observateur » à Paris en septembre, ma colocataire à qui je parlais beaucoup de Madagascar, jeune juriste, n’a pas fourni l’effort de lire la critique : « Ah d’accord, c’est clair, il vend son physique ». Encore moins de lire le livre que j’avais mis en évidence sur notre table à manger commune. Tandis qu’un ancien de Diego me rapportait : « Le livre m’est tombé des mains ». En effet, celui-là ne s’intéresse pas aux critiques dont un des rôles est pourtant de guider le lecteur dans l’océan typographique qui envahit Paris. Il achète tout ce qui touche Madagascar, et de surcroît Diego. Nicolas Fargues aurait défiguré sa ville en ne faisant que l’effleurer.

Le public cible : un jeu de captation
Suis-je touché(e) lorsque je lis Rade Terminus ? Rire, épouvante, colère, tristesse ? ou les deux dernières émotions juxtaposées prenant pour nom « dépit » ?… C’est la seule question que devraient se poser lecteurs et lectrices devant toute fiction. Parce que pour être lu, il faut capter la « bienveillance du lecteur » par l’émotion. Et pour capter-capturer ce public, il faut le connaître, maîtriser ses us, se tenir informé de ses goûts : il y va de la littérature comme de tout ce qui concerne l’humain, évolutif par définition. Comme dans l’habillement, la mode à Paris est au vieux rose et aux ourlets biaisés, le sujet-culte au cinéma est le monde de l’édition (« Je suis un assassin » de Thomas Vincent, « Mensonges et trahisons et plus si affinités » de Laurent Tirard, « Comme une image » d’Agnès Jaoui, tous sortis en 2004) ; en littérature, les éditeurs parisiens demandent encore de l’ « ailleurs » dans la foulée de Nicolas Bouvier ou de Michel Le Bris ou de J.-M.G. Le Clézio. N’oublions pas Amélie Nothomb écrivant sur le Japon. Les clones de Michel Houellebecq sont moins systématiquement admis. Issu du monde de l’édition, comme lecteur chez Gallimard notamment, de fait avec son entregent surtout depuis « One man Show » (2002), Fargues dominait les arcanes du système. Je parle au passé parce que, éloigné au bout du monde à Diego, il s’est « planté » dans sa première version du livre, et c’est tout à son honneur de l’avoir livré à Pierre Maury (3) : le goût du public, le croirait-on ?, est si changeant à Paris. Vous aurez remarqué en passant que je ne parle que de Paris. Pour moi, le jeu est honnête : Nicolas Fargues visait le public parisien. Quoi de plus étonnant dans ce cas que les critiques, lecteurs en principe plus avertis que les autres, y aient salué le livre quasiment à l’unanimité. Il répondait à l’attente parisienne, qui fournit tout de même la majorité des lecteurs franco-français. Tout comme vous, je distingue bien littérature franco-française, littérature en français (Beckett, Kundera, Semprun, Makine, Cheng et les autres), et littératures francophones (mais qui à Paris va se rappeler spontanément que Nothomb est belge ? Qu’en revanche, vivant à Paris, Kourouma était bel et bien perçu comme un excellent écrivain francophone ?). Le champ Fargues est net de professionnalisme : écrivain parisien, ciblant une édition parisienne, une réception parisienne, aussi bien lectorat que critique journalistique. Avec les prix littéraires (4), il reste, pour produire la valeur de l’œuvre, la critique universitaire. Comme pour Le Clézio, Kundera ou Conrad, il y aura certainement une critique universitaire de Fargues ou au moins de la jeune génération de l’autodérision et du cynisme, trentenaires désenchantés-branchés, dont il est un des fleurons au même titre que les Louis Lanher (« Un pur roman »), Charles Pépin (« Les Infidèles ») et Christophe Ono dit Biot (« Génération spontanée »). La tendance dans la spécialité universitaire « lettres modernes » est d’une part l’abolition des frontières entre les genres (ou « transgénéricité » selon Dominique Moncond’huy, Henri Scepi et al.), d’autre part la question de la répétition (« intertextualité », « palimpsestes », « dialogisme » ou simplement « récriture » : ainsi, les robinsonnades offrent une matière inépuisable). D’ailleurs, Christian Chadefaux soulignait déjà que « Rade Terminus » pourrait être entendu comme une talentueuse reprise de la décivilisation évoquée par les textes fondateurs, « Les Civilisés » de Claude Farrère (1905) et « Le Décivilisé » de Charles Renel (1923).

Mais il me semble bien tôt pour que la boucle du champ Fargues soit bouclée. Trop tôt pour dresser un bilan entre apparence et essence car qualité et quantité peuvent ne pas coïncider en littérature : la quantité se mesure au succès des ventes tandis que la qualité se mesure à l’influence exercée.

L’autre bout de la lorgnette
Diego-Suarez, comme tout port, et qui plus est ancien port colonial de garnison, c’est avant tout un espace peu anodin, liminaire s’il en est : en 2003, année d’écriture pour Fargues, la ville est toujours au seuil de mille et une autres choses. Au seuil de la mer et donc d’un ailleurs invisible. Au seuil d’une époque que l’on espère toujours nouvelle, tant et si bien que Christine Rousseau du « Monde des Livres » croit de façon lamentable que les ruines datent de la seule crise de 2002 ! Au seuil surtout du monde des Blancs qui vont et qui viennent. Retraités que certains surnomment « papys Diego » (ce qui suppose un attirail de bermuda, de tee-shirt ventripotent, de jolie jeune femme à bébé métis, et beaucoup de gentillesse envers leur compagne autochtone, parce que s’il y a une ville au monde où l’on ne tripote pas la prostituée ou simili en public, où on lui tire la chaise pour qu’elle s’assoie au restaurant, c’est bien Diego). Thoniers espagnols qui s’avitaillent et font le bonheur des laissées-pour-compte de Madagascar. Couple métropolitain venu avec tout son pécule pour créer au bord de l’eau un paradis de bout de monde faussement désoccidenté et vite rattrapé puis démantelé par la vénalité ambiante. Une université où la francophonie analyse Balzac, Ionesco, Kourouma au même titre que Jaomanoro sous des cascades intermittentes de pluie qui tombent sur des étudiants à travers les fuites des tôles. Des compatriotes qui vous expliquent avec respect l’interdit du caméléon. Un garçon de café merina (5) qui se plaint d’être traité en étranger par la population locale. Aucune doléance cependant à propos de l’avion d’Air Madagascar qui reste sur le tarmac pendant trois jours pour une panne technique. Une Alliance franco-malgache qui organise des quizes en français le jour de la Saint-Valentin comme à la télévision française. Bref une ville peu nette mais toute en nuances, voilà ce que j’ai noté.
Cependant, j’ai sans doute regardé par le mauvais bout de la lorgnette. Et en quoi tout cela pouvait-il intéresser là où se vendent les livres ? Chez Fargues, pas de portraits de ces Malgaches qui constituent la majorité. Reprochons-le lui. Mais il n’est ni Raymond Decary ni Georges Heurtebize : il n’a pas choisi l’ethnographie. En revanche, comme Ananda Devi, il pourra dire du plus lointain de son exil : « (…) Même [à Diego], je vis toujours dans la mémoire de [la France][…] La source de mon écriture demeurera probablement ce pays dans cette dimension onirique qui peut se contenter des liens les plus infimes. »

Car ce roman, Rade Terminus, a priori sociologique puisque la 4e de couverture désigne un lieu réel, sera nécessairement subjectif. Ce livre n’est certainement pas un documentaire : c’est une œuvre de fiction. L’essentiel est qu’il touche son public. C’est le propre du professionnalisme en écriture. Ceux qui voudront connaître Diego et les Malgaches prendront la peine de lire les guides et les études scientifiques. Il est simplement dommage que l’objet saisi par l’instantané se sente légitimement lésé par l’artiste (7).

Croyez bien qu’être un véritable écrivain n’est pas chose aisée. Non seulement tous les éditeurs ne sont pas des découvreurs : ils miseront toujours en priorité sur ceux qui ont déjà gagné. Ensuite, renseignements pris auprès des professionnels de l’édition, si une grande maison comme Gallimard n’édite qu’un livre sur 6000 tapuscrits d’inconnus qui arrivent chaque année, saluons Nicolas Fargues d’être le porte-fanion de la maison P.O.L. Sa « niche », il l’a bien méritée. Par le travail, par ce roman solidement construit jusqu’à la toute dernière page.

Être critique non plus n’est pas une sinécure. Il est clair que Destouches, auteur de la vieille remarque « La critique est aisée, et l’art est difficile », ne vivait pas sur une île où tous se seraient connus et/ou méconnus.

Je salue pour ma part au passage l’autre facette de Nicolas Fargues dont on ne parlera jamais assez : l’homme d’action. Sous sa conduite, l’Alliance franco-malgache de Diego a transformé l’environnement antsiranais en un paysage chargé d’émotion : l’Alliance est artistement fleurie, la bibliothèque se refait une jeunesse ; plusieurs murs publics sont décorés gai et de bon goût dans les artères de la « déglingue » ; les nourritures spirituelles, par émissions radiophoniques et animations culturelles interposées, reposent lourdement sur ses épaules.

Dans ce bilan provisoire, Diego aura profité au possible du passage de ce jeune Parisien voyageur-écrivain et pour autant grand travailleur au service du… public.

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Notes :
(1) A. S., « Irrésistible Alfie… », Paris Match, n° 2902, du 30 décembre 2004 au 5 janvier 2005, p.17] ? Dans cette approche sévère du show-biz, Alain Spira fustigeait Jude Law dont « Alfie […], œuvre cinéphallique, ne vaut que pour les yeux de jade de Jude ». (2) Cf. Aude Lancelin du Nouvel Observateur, Christine Rousseau du Monde des Livres, Brigit Bontour de Ecrits-vains, Christine Genin de Labyrinthe, Claire Fercak de Cancer en ligne, Laetitia Masson des Mots de Minuit, France 2″, Amélie Dussin de Arts-Livres, et al. ; en face d’Olivier Le Naire de L’Express, François Busnel de L’Express des livres, Christian Authier du Figaro Magazine, Didier Jouanneau de Le Point.fr, Philippe Lefait des Mots de Minuit. (3) La Gazette de la Grande Île, mardi 31 août 2004, p. 15. (4) Le boum des prix littéraires date du premier tiers du XXe siècle : Prix Goncourt en 1903, Prix Fémina en 1904, Prix Renaudot en 1926, Prix Interallié en 1930 (5) habitant des Hautes Terres centrales de Madagascar. (6) A. Devi, « L’île Maurice, source inépuisable d’inspiration. Entretiens avec Ananda Devi, propos recueillis par Marie Abraham », in La Route des Indes. Journal du Salon du Livre, n° 2, 16-17 octobre 1999, p. 10-11. Citation originale : « Même en France, je vis toujours dans la mémoire de Maurice […] ». (7) La représentation de Diego-Suarez (Antsiranana, Madagascar) est reprise avec plus de distanciation, sous le nom de « Tanambo », dans le roman suivant de Nicolas Fargues, J’étais derrière toi (P.O.L., 2006). Le romancier semble sorti du cycle malgache exotique à partir de « Beau rôle » (ibid., 2008) et de Le Roman de l’été (ibid, 2009) où il retrouve son champ de prédilection : le monde du show-biz du Nord opulent.


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