« Je suis mille possibles en moi » (A. Gide)

Quelques travaux réalisés : ouvrages, articles et communications (1995-2009)

Bureau
© N.G. 2008

Voir Livres Google à l’URL : http://www.google.fr/search?hl=fr&lr=lang_fr&client=firefox-a&hs=umK&tbo=1&rls=org.mozilla:fr:official&tbs=bks:1&q=nivoelisoa+galibert&start=10&sa=N. Site consulté le 26 avril 2010.
PUBLICATIONS :
OUVRAGES

- Nivoelisoa Galibert : Relation véritable de la prise d’un terrible Géant en l’isle de Madagascar…, anonyme de 1665, présenté par Nivo Andrianjafy, Antananarivo, Éditions du Centre Culturel Albert Camus, 1995, 68 p.

- Nivoelisoa Galibert : Madagascar dans la littérature française de 1558 à 1990. Contribution à l’étude de l’exotisme, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2 tomes, 1997, 1160 p [thèse de doctorat d'Etat, février 1995]

- Nivoelisoa Galibert : Chronobiliographie analytique de la littérature de voyage sur l’océan Indien des origines à 1896 – Madagascar Maurice Réunion -, Paris, Honoré Champion, coll. Histoire du livre et des bibliothèques 4, 2000, 239 p

- Nivoelisoa Galibert : À l’angle de la Grande Maison. Les Lazaristes de Madagascar : correspondance avec Vincent de Paul (1648-1661), Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. Imago Mundi, Série Textes 3, 2007, 543 p. (+ 11 p. ill., h. t.)

ARTICLES, CHAPITRES D’OUVRAGE ET COMMUNICATIONS

- Nivoelisoa Galibert : « Le regard de l’Autre et Madagascar », in Jean-François Reverzy, éd., L’Exclusion, Saint-Gilles (La Réunion), 05-10 novembre 1995. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar dans la Littérature française de 1558 à 1990 : contribution à l’étude de l’Exotisme », Antananarivo, Académie Nationale malgache, 15 juin 1995. Présentation de thèse. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Liliane Ramarosoa : Anthologie de la littérature malgache d’expression française des années 80, Paris, L’Harmattan, 1994 », Notre Librairie, n° 128, oct.-déc. 1996, p. 96. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Jean-Louis Joubert, et al. : Littératures francophones de l’océan Indien. Anthologie, Paris, ACCT, 1996 », Notre Librairie, n° 128, oct.-déc 1996, p 39. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar », Guide du théâtre en Afrique et dans l’océan Indien, Première édition, Paris, Afrique en créations, 1996, p. 191-193. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Le français à Madagascar : l’exemple de l’art dramatique » in Sélim Abou et Katia Haddad, éds., La Diversité linguistique et culturelle et les enjeux du développement, numéro spécial d’Actualité scientifique, Paris / Beyrouth, AUPELF/UREF / Université Saint-Joseph de Beyrouth, 1997, p. 391-409. Communication 1995

- Nivoelisoa Galibert : « Histoire, littérature et société : le silence malgache », in Jean-François Reverzy, éd., Désir colonial et psychanalyse de la décolonisation, Antananarivo, ASPMOI/ARRPPOI/Editions Grand Océan/Université d’Antananarivo, 28-29-30 novembre 1997. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Le décivilisé de Renel à Mallet », Séminaire international DEA Langage et parole , UPRESA 1041 du CNRS, 10-14 février 1997. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Les écrivains français et Madagascar : de la Relation véritable au conte philosophique », in Paolo Carile,dir., Sur la route des Indes Orientales Aspects de la francophonie dans l’océan Indien, Paris/Ferrare, Nizet / Schena, t. 2, 1998, p. 71-93. Article

- Nivoelisoa Galibert : Préface du roman Le Décivilisé de Charles Renel, La Réunion, Éditions Grand Océan, coll. Le Roman colonial, 1999, p. 7-16. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Libertalia : le rêve pirate de 1709-1710 », Bulletin de l’Académie Malgache, Tananarive, tome 76/1-2, 2000 (2001). Communication 1998

- Nivoelisoa Galibert : « Littérature et sociologie. Point sur la littérature malgache d’expression française », in Jean-François Hamon et Yu-Sun Live, éds., Kabaro, revue internationale des sciences de l’homme et des sociétés, vol. 1, n° 1/2, Paris, L’Harmattan/Université de la Réunion, 2000, p. 203-219. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Le ‘décivilisé’ dans la littérature française sur Madagascar », in Bulletin de l’Académie Malgache, tome 75/1-2, p. 17-23. Communication 1999

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar : les femmes écrivains des années 1980 et la langue française », in Jean-Cléo Godin, éd., Nouvelles écritures francophones : vers un nouveau baroque ?, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, coll. Espace littéraire, 2001, p. 428 à 439. Communication 1998

- Nivoelisoa Galibert : « Histoire, littérature et société : le silence malgache », in RAHARIMANANA Jean-Luc, éd., La Littérature malgache, Interculturel Francophonies 1, juin-juillet 2001, Lecce (Italie), Argo Editions, 2001, p. 87-103. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Mer Indienne et imaginaire français au XVIIe siècle : Relation véritable de la prise d’un terrible géant dans l’Isle de Madagascar…, récit anonyme de 1665 », in V. Y. HOOKOOMSING et Kumari R. ISSUR, éds., L’Océan Indien dans les littératures francophones, Paris, Karthala /Université de Maurice, 2003, p. 40-55. Communication 1997

- Nivoelisoa Galibert : « Daniel Defoe, le rêve pirate et l’océan Indien : un siècle de distorsions (1905-1998) », in Sophie LINON-CHIPON et Sylvie REQUEMORA, éds., Les Tyrans de la mer. Pirates, corsaires et flibustiers, Paris, Presses de l’Université Paris Sorbonne, coll. Imago Mundi 4, 2003, p. 265-281. Communication 2000.

- Nivoelisoa Galibert : « Itinéraire d’un volcan : savoir, idéologie, imaginaire autour du Piton de La Fournaise de J.-B. Bory de Saint-Vincent (1804) à M.-A. Leblond (1946) », in Dominique BERTRAND, éd., Mémoire du volcan et modernité, Université de Clermont-Ferrand, Paris, Honoré Champion, 2004, p. 179-194. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « Coalescence : voyageurs français et écrivains créoles réunionnais devant le piton de la Fournaise (1801-2001) », in Jean-Luc RAHARIMANANA, éd., Identités, langues et imaginaires dans l’océan indien. Interculturel Francophonies, Lecce, Argo [Alliance française], n° 4, nov.-déc. 2003, p. 153-176. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Port de badge et vision panoptique : les dockers’ flats de Port-Louis dans Rue La Poudrière (1988) d’Ananda Devi », in Ports et voyages dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe-XXe siècles.) Revue Historique des Mascareignes, Association Historique internationale de l’Océan indien (AHIOI), Université de La Réunion, n ° 5, 5e année, 2004, p. 95-109. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Fanjahira ou la coupure », Ports et voyages dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe-XXe siècles). Revue Historique des Mascareignes, Association Historique internationale de l’Océan indien (AHIOI), Université de La Réunion, n ° 5, 5e année, 2004, p. 183-189. Communication 2003

- Nivoelisoa Galibert : « La beauté convulsive du pic du Teide », in Dominique BERTRAND, éd., L’Invention du paysage volcanique, Presses de l’Université Blaise Pascal, coll. Volcaniques, 2004, p. 153-166. Article

- Nivoelisoa Galibert : Chronobibliographie analytique d’ouvrages de voyages sur La Réunion, des origines à la fin du XIXe siècle, N. Dodille, éd., http://www.littérature-réunionnaise.com. Base de données bibliographiques

- Nivoelisoa Galibert : « Désirs et symptômes : l’invention de l’espace dans Poèmes et paysages (1852-1892) », in Prosper ÈVE, éd., Auguste Lacaussade (1815-1897). Le fils d’une affranchie d’avant 1848. Milieu. Action. Modernité, s.l. [Saint-Denis de la Réunion], Océan Éditions, 2004, p. 223-235. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « De l’obsidienne capillaire aux cheveux du volcan : le Piton de la Fournaise dans la psyché des contes pour la jeunesse », Marie-Françoise BOSQUET et Françoise SYLVOS, éds., Magma mater. Imaginaire du volcan dans l’océan Indien, Paris / Saint-Denis, L’Harmattan / Université de La Réunion, Le Publieur, 2004, p. 33 – 50. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « La pierre vierge de tout ciseau : Nicolas Mayeur (1747-1813), voyageur interprète, et les pratiques dévotionnelles malgaches », in Sophie LINON-CHIPON et Jean-François GUENNOC, éds., Transhumances divines. Récits de voyage et religion, Paris, PUPS, coll. Imago mundi 9, 2005, p. 211-222. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « Saveurs osées : Le Repas et l’amour chez les Merinas de Jean Paulhan (1912) », in Corinne DUBOIN, éd., Dérives et déviances, Paris / Université de La Réunion, Le Publieur, 2005, p. 233 – 244. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « L’océan Indien missionnaire à l’épreuve de l’altérité : du dispositif triadique Réunion-Maurice-Madagascar au procès d’inculturation (XVIIIe-XXe siècles) », Dynamiques dans et entre les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe au XXIe siècles), Revue historique de l’océan Indien, n° 1 , 2005, p. 17 – 31. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « Régions inhabitées : l’invention du paysage malgache dans l’œuvre de Robert Mallet (1915-2002) », in Serge MEITINGER, éd., Espaces et paysages. Cahiers CRLHOI, n° 14, Paris / Saint-Denis, L’Harmattan / Université de La Réunion, 2006, p. 226 – 238. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Des lettres encodées à l’itération : la face lisible de l’identité lazariste au Fort Dauphin (1648-1661) », Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 3, mars 2006, p. 9 – 18. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Res fictae, res factae : les lazaristes du Fort Dauphin dans l’imaginaire collectif », Varia. Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 5, mars 2006, p. 9 -18. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Métissages dans l’écrit littéraire malgache de 1926 à 1972 », Kiltir kreol / Culture créole, n° 5, octobre-décembre 2005, Maurice, Centre Nelson Mandela, 2005, p. 63-74

- Nivoelisoa Galibert : « Exilée du langage. Ananda Devi : entre cosmopolitisme et repli sur soi », Les Femmes dans l’océan Indien. Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 6, septembre 2006, p. 85 – 94. Article

- Nivoelisoa Galibert : « De l’histoire-récit à l’histoire-discours », Science, Techniques et Technologies du XVIIe au XXe siècles, Revue historique de l’océan Indien, n° 2, 2006, p. 298-301. Synthèse de colloque. Communication 2005

- Nivoelisoa Galibert : « Séméiologie des maladies tropicales au XVIIIe siècle : du Nouveau Voyage aux grandes Indes […] de Luillier (1726) aux Études de la nature de Bernardin de Saint-Pierre (1784) », Science, Techniques et Technologies (XVIIIe au XXIe siècles), Revue historique de l’océan Indien, n° 2 , 2007, p. 7 – 18. Communication 2005

- Nivoelisoa Galibert : « Hilaire Dovonon : La Floraison des baobabs. Nouvelles, Gibles, d’un Noir si Bleu, coll. Traverses, 2006, 269 p », Retours sur la question coloniale. Cultures Sud. Notre Librairie, n° 165, avril – juin 2007, p. 149. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Les ‘sentiers vagabonds’ de Barlen Pyamootoo », Nouvelle génération. 25 auteurs à découvrir. Cultures Sud. Notre Librairie, n° 166, juillet-septembre 2007, p. 147-149. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Jacques-Félicien, enfant choyé de la croix catholique », Jean-Luc RAHARIMANANA, éd., Jacques Rabemananjara. Interculturel Francophonies, n° 11, juin – juillet 2007, p. 181-199. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Palimpsestes dans l ‘écrit littéraire malgache », L’Archipel des Lettres, Ouessant, Association CALI (Cultures, Arts et Lettres des Îles), n° 1, janvier – juin 2007, p. 90-107. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Jacques Rabemananjara (1913-2005). Une perpétuelle négociation de l’identité », Poésie : Grandes Voix du Sud, Cultures Sud. Notre Librairie, n° 164, janvier – mars 2007. Article

- Nivoelisoa Galibert : « De l’ambiguïté d’une oeuvre à l’ambivalence d’une décolonisation : les Réunionnais Marius-Ary Leblond et l’océan Indien », in Y. Combeau, éd., avec la collaboration de Didier Galibert, La Réunion et l’océan Indien. Histoire et Mémoires. XVIIIe-XXIe siècles, Paris, les Indes savantes, 2007, p. 117 – 128. Communication 2006

- Nivoelisoa Galibert : « Océan Indien : Madagascar et Mascareignes : XVIIe-XXIe siècles », in Claire LAUX, éd., Les Écritures de la mission dans l’outre-mer insulaire (Caraïbes, Océanie, Mascareignes, Madagascar), Turnhout, Brepols Publisher, coll. Anthologies et documents de textes missionnaires, 2007, p. 65 –126. Chapitre d’ouvrage

- Nivoelisoa Galibert : « Lettres du Fort Dauphin à Vincent de Paul (1648-1655) : un corpus encodé, lieu de surgissement de l’identité lazariste. Comparaison entre le Registre 1501 Madagascar et les manuscrits dits ‘du père Baldacchino’ », Transversalités. Revue de l’Institut catholique de Paris, n° 104, oct. déc. 2007, p. 113-124 [actes, Ch. Paisant, éd., Les Écrits missionnaires. Le non publié, le publié, colloque du Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur les Écritures Missionnaires de l’Institut Catholique de Paris (4-5 mars 2005)]

COLLOQUES : N. B. Voir aussi les mentions « Communication » dans paragraphe « Publications : Articles et communications »

- Nivoelisoa Galibert : « À propos d’un retour de Goa : Lettres de Lazaristes du Fort Dauphin (1649-1656) à Monsieur Vincent de Paul (5 février 1650) », in CRLV (Paris-IV Sorbonne), Université de Nice et Château de Grignan, Grignan, éds., Imago Mundi II : Lettres et images d’ailleurs, 19 et 20 octobre 2001. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Lettres du Fort Dauphin à Vincent de Paul (1648-1655) : un corpus encodé, lieu de surgissement de l’identité lazariste. Comparaison entre le Registre 1501 Madagascar et les manuscrits dits ‘du père Baldacchino’ », in GRIEM, éd., Les Écrits missionnaires. Le non publié, le publié, Paris, Institut Catholique de Paris, 4 et 5 mars 2003. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Quelques enjeux littéraires et stratégiques de la diaspora francophone de l’océan Indien » in Peter HAWKINS et Julia WATERS, éds., Les littératures et cultures post-coloniales de l’Océan indien francophone : diasporas, migrations et identités, Centre for Study of colonial and postcolonial Societies, University of Bristol, 13 – 15 juillet 2006. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Dialogue avec l’autre, dialogue avec le même : un témoignage missionnaire à Madagascar en 1929 », in Jean-Michel RACAULT et Marie-Françoise BOSQUET, éds., Le Dialogue d‘idée et ses formes littéraires, Paris/Saint-Denis de La Réunion, L’Harmattan : Université de La Réunion, 2008, p. 233-243 [Journée Crlhoi, Université de La Réunion, 25 mars 2006]. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Du désordre fictionnel aux faits éclairants : le citoyen Lescallier à Madagascar (1792) », in Jean-Michel RACAULT et Marie-Françoise BOSQUET, éds., Colonisation et idéologies coloniales dans l’océan Indien (16e-18e siècles) : échos et prolongements, Université de La Réunion, Journée Crlhoi, 14 avril 2007. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « La ‘conversion des peuples’ : lazaristes et antanosy à Madagascar au XVIIe siècle », in P. ÈVE, éd., Missiologie de l’océan indien, Université de La Réunion, 9-11 avril 2007. [Voir Documents sonores de l'ARCC (Association Réunionnaise Culture Communication), courriel : culturearcc@gmail.com] Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Le non-dit de Barlen Pyamootoo (né en 1960) : Hindous et Créoles de Maurice entre identité, ipséité et altérité », in Nicole Khouri, éd., L’Afrique des Indiens. Outre-Mers. Revue d’histoire, n° 360-361, 2e semestre 2008, p. 109-127. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Aux sources de l’hybridité : le citoyen Lescallier à Madagascar (1803) », colloque Sielec [Société internationale d'étude des littératures de l'ère coloniale], Culture, identité et transferts culturels : Étude des imaginaires culturels à l’Ère des empires, Montpellier, Université Paul Valéry, 14 – 16 mai 2008. Communication [actes à paraître in Les Cahiers de la Sielec en 2010]

- Nivoelisoa Galibert : « De l’isle Saint-Laurent à l’isle Bourbon : mariages mixtes au fort Dauphin au XVIIe siècle », L’Archipel des Lettres, n° 3, juin-décembre 2008, p. 107 – 117. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Entre Histoire et Mémoire : le mystère des origines à Madagascar », Ouessant, Association CALI (Cultures, arts et littérature insulaires], La Naissance des îles, Salon international du Livre insulaire, samedi 23 août 2008. Conférence

- Nivoelisoa Galibert : « Johary Ravaloson ‘Entre désir et détermination’ », Cultures Sud, n° 170, juillet-septembre 2008, p. 117-122 p. [Article, CR, extrait choisi de La Porte du Sud]

- Nivoelisoa Galibert : « À l’angle de la Grande Maison : le Fort Dauphin des lazaristes (1648-1674) », in Marie-Françoise Bosquet, Serge Meitinger et Bernard Terramorsi, éds., Aux confins de l’Ailleurs. Voyage, altérité, utopie. Hommages offerts au professeur Jean-Michel Racault, Paris/Saint-Denis, Klinclsieck/Université de La Réunion, 2008, p. 23-33. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Dialogue avec l’autre. Dialogue avec le même. Un témoignage missionnaire à Madagascar au début du XXe siècle », in Marie-Françoise Bosquet et Jean-Michel Racault, éds., Pour une poétique de l’échange philosophique : le dialogue d’idées et ses formes littéraires, Paris / Saint-Denis de La Réunion, L’Harmattan/Université de La Réunion, 2008, p. 233-244

- Nivoelisoa Galibert : « Des mystères essentiels du christianisme au syncrétisme : les missionnaires de Canada vus par les lazaristes à travers les textes de Vincent de Paul (1633-1660) », in Nicole LEMAITRE, éd., La Mission et le sauvage. Huguenots et catholiques d’une rive atlantique à l’autre, XVIe-XIXe siècles, Paris, CTHS, coll. CTHS Histoire, 2009, p. 183-198 [Actes du 133e congrès du Cths, Comité des travaux historiques et scientifiques], Migrations, transferts et échanges de part et d’autre de l’Atlantique, à l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de Québec, Québec, 2-6 juin 2008. Communication

- Nivoelisoa Galibert :  » Cultures citadines et esthétique de la réception : le cas du roman malgache Za de Raharimanana (2008) », in Jocelyn Chan Low, Prosper Ève et Faranirina Rajaonah, éds., Colloque international Multiculturalisme, échanges et métissages culturels dans les villes de l’océan Indien occidental (XVIIIe-XXe siècles), Paris-Diderot, Sedet, 13-15 novembre 2008 [actes à paraître en 2009]

- Nivoelisoa Galibert, « L’édition de la correspondance missionnaire comme paradigme de la résistance à l’oubli : l’exemple des lazaristes à Madagascar (1648-1674) », in Célèbres ou obscurs. Hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire, Cths, Bordeaux, 20 – 25 avril 2009. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Bildungsroman et décolonisation de Madagascar : Le Goût de la mangue de Catherine Missonnier (2001) », in Norbert DODILLE, éd., Idées et représentations coloniales dans l’océan Indien du XVIIIe au XXe siècles , Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. Imago mundi 17, 2009, p. 451-465. Communication

- « Res fictae, res factae : les lazaristes de Madagascar au XVIIe siècle », Séminaire LMD, François Moureau, éd., Récits de première rencontre, Université Paris-Sorbonne, CRLV, 30 mars 2010. Conférence.

- Nivoelisoa Galibert : « L’invention des tropiques à travers l’oeuvre malgache de Robert Mallet (1915-2002″ in Cths, Paysages,  135 e congrès du Cths, Université de Neuchâtel, 6-11 avril 2010. Communication

 - Nivoelisoa Galibert :  » Les Vazaha very. Figures de décivilisés, de Renel à Mallet (1923-1964) « ,  RIRRA21/ MSH / SIELEC, in Les nouveaux mondes. Un mythe fondateur des littératures de l’ère coloniale, Montpellier, Unversité Paul Valéry, 26-28 mai 2010. Communication

- Nivoelisoa Galibert :  » ‘Mon Afrique qu’ils ont cambriolée‘  : les littératures de l’impertinence de Damas à nos jours   » , in Elikia M’Bokolo, Catarina Madeira-Santos, Jean-Claude Penrad, éds, Il était une fois les indépendances africaines…, Paris, EHESS, jeudi 21 et vendredi 22 octobre 2010 (à l’occasion de la Commémoration des 50 ans des décolonisations). Conférence-débat [Discutants : Livia Apa (Universiate di Napoli – L’Orientale), Jean-Paul Colleyn (EHESS) - Jean-Luc Racine (FMSH – CNRS)].

 



Genres de travers (fiction)

© N.G., 2009

« Tandra vadin-koditra
Les taches de rousseur sont inséparables de la peau. »
DICTON MALGACHE

Bibliothèque François Mitterrand, avant-dernière station de la ligne 14. Rame automate, tu déverses à ton tour les cerveaux qui t’ont conçue voici près de trente ans maintenant. Éternelle circularité de l’œuf et de la poule.

Je suis fascinée par Paris à la mi-août. Point de Parisiens. L’Ailleurs sans l’Autre. Toutefois, des hôtes haut en couleur qui se dirigent vers les quatre tours de la Bibliothèque nationale de France, tout aussi néo-millénaires que le rez-de-jardin où s’échauffe l’intelligentsia de la globalisation. Japonaises en chapeau de paille blanc noué d’un foulard noir. Jeune chercheur de province aux baskets éculées et jeans débordant du fil du Mp3. Pourquoi pas : de son côté, le grave professeur venu de Bayreuth s’isole lui aussi derrière sa musique. Du Verdi, je parie. Je m’assure en m’approchant discrètement que le jeune voisin vit bien au rythme de Oasis. Bingo. Plus loin, une poignée de jeunes louves à bandeau scellant cheveux étalés comme un champ de blé, bandeau banderole de la clanique ENS Fontenay-Saint-Cloud. Et puis, il y a eux deux. Emportés par leur amour à n’en plus ouïr la pluie bruire.
Et moi et moi et moi.
Ego, je suis comme tous et toutes : une fois passé avec succès le portail de détection de bombes artisanales, je trépigne devant la ligne de courtoisie du vestiaire, je serai sous peu une soldate de la sacoche transparente, Mac promu par la Coopération française avec l’océan Indien et exhibé en nombre au monde anglo-saxon par le plan Vigie Pirate de la BnF. Belle revanche sur les Britanniques qui avaient donné du fil à retordre à la France de Colbert et de la Troisième République.

Ce tout petit monde commence par une pause à la cafétéria de la Tour des Lettres. Prohibitifs, les petits-déjeuners ne sont malheureusement plus compris dans le prix de la chambre d’hôtel. Dans les espaces de lecture, salles U V W X, toutes les places, réservées sur Internet depuis plusieurs mois, restent à clignoter vertes de la rage des livres qui attendent à la borne de distribution. Mais le café du matin et la biscotte et les 10 g de beurre et le yaourt bio recommandés par le nutritionniste pour une alimentation équilibrée il faut les prendre avant que les neurones ne soient triturés par l’interprétation transgénérique de l’attribut classique enrichi des suppléments des ajouts des modifieurs des déterminants et des caractérisants en complémentations. Ah, les épistémologies transversales anti-auctoriales… Yaourt bio, biscottes, petit rectangle de beurre, deux cafés, deux !

À un coin de la table basse, les voici à nouveau, eux deux.
Elle se brûle les lèvres avec un petit rire surpris d’amante assouvie, il lui souffle sur son expresso attendri. Il lui beurre une biscotte sans la casser, les yeux océan pourlèchent ses pommettes d’ébène, descendant petit à petit vers les gorges du Nyl bleu. Elle déploie de nouveau son rire Désir. Ils ont déjeuné. Il rassemble miettes, pots de yaourt, couverts en plastique et tasses en porcelaine, il les dépose sur le plateau partagé pour le pire et le meilleur. Ils se lèvent, il lui présente son manteau tel son majordome et s’efface pour la laisser passer. Elle hiératique, les mains dans les poches de sa ravissante mante Versace. Lui confondu en excuses devant le Tout-Monde comment ai-je fait pour séduire la Reine de Saba me voici consacré Roi Salomon mon bijou mon joyau tesoro mio tout en revêtant sa propre gabardine. Après quoi, il ramasse le plateau et les deux sacoches identiques en plastique transparent sous le regard satisfait de ceux-là, héritières et héritiers des Sartre-Beauvoir qui ont combattu des années pour que femmes et Noirs enfin comptent autant sinon plus que les pâles Occidentaux en ce non-lieu d’une cafétéria gorgée de matières grises. Elle avance vite, entretenant sa démarche de mannequin aux jambes de gazelle. Mais il peut la suivre. Avec tout son barda. Pardon pardon pardon merci pardon, sacoches en balade dans son dos, aïe aïe, cela fait tout de même un peu mal les coups de deux Mac contre les vertèbres sur le flanc sur les épaules côté bandoulières. Enfin la « desserte ».
Il déverse le contenu du plateau dans le grand meuble à fente prévu à cet effet.
Cling cling cling cling cling… Clang, clang.
Mama mia. Il a aussi jeté les deux tasses et les sous-tasses en porcelaine.

- Eh bien, bravo, madame ! Si c’est ainsi que l’on fait la vaisselle chez vous, c’est du propre, c’est le cas de le dire !

C’est le serveur du self-service. Celui qui sert sans desservir. Il n’a pas les neurones en ébullition permanente. Cela lui permet de garder les pieds sur terre et les tasses sur le comptoir. Il vient de lui signifier son opinion à elle. Et non pas au fautif. À voix haute et nue.

Un regard indécodable est échangé par le couple. Lui s’éloigne de deux pas à reculons en réajustant ses deux bandoulières, elle revient sur ses pas sortant les mains de ses poches ravisées. Et la voici, Reine de Saba, un genou à terre devant lui. Fouillant dans la poubelle de ses doigts ébène les tasses à déposer sur le comptoir et les doutes de son coeur.

Le Tout-Monde est rentré dans l’ordre.
Fin du spectacle pour la galerie.
Standing ovation, la rumeur en guise d’applaudissements : « … Hannah Arendt… Toni Morrison … Gayatri Spivak… Chokravarty ? … Chakravorty, mais si mais si … Homi Bhabha… Bla bla bla… ».
Les sacoches se sont dispersées.
Les places respectives vont virer au rouge.
Feu sur tout visionnaire qui bouge !



Relation véritable au XXIe siècle : un portable devenu savonnette

Relevé dans L’Express de Madagascar, n° 4480 du 14 décembre 2009

© T.M., 2009

N.B. Ar ou ariary :  monnaie malgache (1euro =  13000 Ar environ)

 Un homme a perdu Ar 40 000 vendredi, en achetant un téléphone portable à Ampefiloha. Deux hommes ont réussi à le filouter en vendant un poste fabriqué à partir de savon de lessive. La victime affirme qu’elle ne s’est rendu compte de la manœuvre qu’au moment où il comptait se procurer un chargeur pour le téléphone.

 « Je cherchais des pièces de voiture quand deux individus m’ont accosté pour me proposer un portable », raconte-t-elle. Haut de gamme, celui-ci a été proposé à Ar 150 000. Le client s’est aussitôt intéressé à l’offre alléchante après avoir testé l’appareil avec sa puce. Pourtant, il leur a indiqué qu’il ne disposait que de Ar 30 000. Entre-temps, le téléphone, qui était remballé dans sa housse, a été déjà remis à l’un de ses interlocuteurs.

« Après une longue discussion, les malfrats ont concédé la marchandise à Ar 40 000 », dit la victime. Le poste payé, un des escrocs a sorti le paquet de sa poche. Confiant, le client ne l’a plus vérifié.

 La savonnette était cachée dans la housse et présentait la même taille que le vrai portable. Des touches de manipulation ont été collées sur l’une de ses faces.

 Teholy Martin Date : 14-12-2009



Des mots pour langes (extrait)

Par Nivoelisoa Galibert

Malice
© N.G. 2008

« […]
idées que l’esprit a depuis longtemps conçues
et qui naissent enfin et grandissent avec des mots pour langes. »
J.-J. RABEARIVELO (1901[1903 ?]-1937)

[...]

« Adjoint anti-palustre ». La formule, très savante et offensive, avait fait rêver ma mère. Elle fréquentait l’École des Infirmières à Mahamasina. Pour devenir infirmière, c’était juste en face du Bureau Municipal d’Hygiène où travaillait mon père. Nous disions d’ailleurs « BMH », comme si c’était une formule magique qui allait faire sortir un double de mon père, pfffuittttt pfffuitttt abracadabra, du chapeau d’un magicien. Parce qu’il avait épousé notre mère, la plus belle, la plus douce, la plus brillante, la plus tout de toutes les infirmières de sa promotion. Elle était aussi la plus humble : pendant longtemps, elle s’était minorée, laissant croire à ses enfants que « adjoint anti-palustre », c’était au-dessus d’« infirmière ».
[...]



FELANIAINA, FAIS LA NANA

Par Nivoelisoa Galibert

copiededscn2389.jpg
© N.G. 2006

Felaniaina Pétale-de-Vie a guetté la pluie toute la journée.
Le directeur babtou du Ccf Centre culturel français lui a fait un jour l’intéressante remarque qu’il n’est pas logique qu’une jeune femme qui a fait des études en France ne songe pas à sortir les plantes vertes de son bureau quand il pleut. Qu’elles se rafraîchissent un peu, sacrebleu !
Ben non scrogneugneu ! Ici en Malgachie, les plantes elles font ce qu’elles veulent partout dans la cour on ne les garde pas à l’intérieur ni d’ailleurs le chat ni le chien ni la tortue ni le tanrec ni le cardinal ni le canari ni l’indri ni le marsupilami.
[...]
Qu’il fait bon regarder la pluie fouetter ces Babtoues qui se précipitent à la bibliothèque mettre la main sur le dernier Nothomb.
No tombes. Des zombies… Quoi faire d’autre sous les tropiques quand on est épouse de diplomate.
- Ho ! Fais-la-nana, à ton poste !
Felaniaina. Mais que c’est compliqué le malgache ! Nous au Ccf, nous disons tous Fais-la-nana.



Cultures citadines et esthétique de la réception : le cas du roman malgache Za de Raharimanana (2008)

Par Nivoelisoa GALIBERT
N.B. Communication orale
Version écrite à paraître en 2009 (Université Paris-Diderot / Sedet)

Raharimanana à Ouessant
© D.G. 2008

Corpus : Raharimanana, Za. Roman, Paris, Philippe Rey, 2008, 301 p

Extrait de Za (NB : abréviation familière de Izaho :« je », « moi »)
Za regarde l’Anze. Il me sourit en décirant la pazy. Des Rien-que-sairs rentrent bientôt. Ils ont élu existence dans la soumission. […] Za suis fatigué (132).

Né à Tananarive en 1967, Raharimanana vit en France depuis 1989 où il mène de front carrière de professeur de lettres (jusqu’en 2002), journalisme, édition critique et création littéraire bilingue. En plus des contributions à des collectifs, cette création compte dix ouvrages publiés dont les derniers, parus cette année 2008, sont le roman en français Za chez Philippe Rey à Paris et un recueil de poèmes en malgache, Tsiaron’ny nofo aux éditions parisiano-réunionnaises K’A d’André Robèr. Raharimanana se fait distinguer très tôt par plusieurs prix littéraires dont, en 1989, le Prix de la meilleure nouvelle de RFI, assorti d’une bourse qui lui permet de partir en France. Mais il se fait aussi remarquer par plusieurs interdictions notoires, tant sur le plan littéraire que politique. Ainsi, celle d’une de ses pièces, Le Prophète et le Président, la même année 1989 à Antananarivo pour le propos subversif qu’il y développe contre la Deuxième République. Cette pièce sera plus tard mise en ondes sur RFI et mise en scène dans plusieurs pays d’Afrique, en Avignon, à Paris, aux États-Unis. L’interdiction frappe également, en 2008, un droit de réponse dans Le Monde à un article de Philippe Bernard sur le collectif L’Afrique répond à Sarkozy. Pendant ce temps, Raharimanana revient régulièrement à Antananarivo, tout dernièrement pour présenter Za, l’adaptation à la scène de Madagascar 1947 et pour animer des ateliers d’écriture au centre culturel français.

L’observation de ce parcours convoque trois types de questionnement : – Énumérer ces lieux de la culture raharimananienne ne revient-il pas à s’interroger sur les frontières de la diaspora inférée par la résidence de l’écrivain malgache à Paris ? – La provocation linguistique, qui frappe le lecteur à la première lecture du roman, ne convoque-t-elle pas la problématique de l’horizon d’attente des écrivains de la diaspora postcoloniale inspirée par le concept de nomadisme intellectuel selon Jackie Assayag et Véronique Beneï, précédés de loin par la New Comparative Literature de Gayatri Spivak ? Un tel nomadisme obligerait en effet l’auteur postcolonial à toujours garder le sens – en l’occurrence l’outrance du monde et les maux de la ville – mais en altérant la forme.
- Dans cette altération obligée de la forme, la jubilation linguistique constitue-t-elle un nouveau registre chez Raharimanana ? Toutes ses créations antérieures n’avaient-elles pas déjà un point commun, à savoir la poésie, dans cette collusion entre d’une part l’extrême violence de la parole et d’autre part les histoires belles et vraies, injustes et folles – collusion digne de Prévert, poète corrosif, artiste à la fois engagé et qui se veut libre ?
Pour tenter de répondre à cette problématique des frontières, mon propos va s’articuler autour de trois axes :
1. les frontières de la diaspora
2. la forge citadine des mots ou le dire du présent interstitiel
3. les poètes et la ville ou l’affiliation d’un désenchantement universel

I. L’ORÉE DE LA DIASPORA

[...]

II. LE DIRE DU PRÉSENT CITADIN

[...]

III. LES POÈTES ET LA VILLE : UNE AFFILIATION DU DÉSENCHANTEMENT

Si la poésie se définit comme dire de la révélation, de l’émotion, de la musique et de la vie, les créations antérieures de Raharimanana sont déjà poétiques, à déguster avec l’esprit, sans peur de la destruction. La détresse de la ville malgache dans Za tient son originalité d’une écriture qui se forge dans une double oralité, à la fois héritage traditionnel et influence contemporaine. Si l’édition est en crise, paradoxalement, Za s’inscrit dans une « écriture début de siècle » qui se prête à toutes les témérités éditoriales. En effet, là où, dans toutes les autres industries, une baisse de la demande a pour conséquence une baisse de l’offre, dans le secteur du livre, les découvreurs veulent multiplier leurs chances de capter des bénéfices. Pour cela, il est important de ne pas figurer dans les hypermarchés : là, les éditeurs sont obligés de produire une littérature de consommation périssable (quick books) ou apparentée à la société du spectacle (livres de célébrités). Le principal intérêt de Za réside dans le fait qu’il présente comme une gageure tout projet d’arrêter le critère de ce qui est littéraire et de ce qui ne l’est pas. L’enjeu de la marchandisation est anti-littéraire : c’est la facilité de lecture à laquelle Za n’accède pas, privé de l’aide du temps et des autres titres du catalogue, Philippe Rey n’ayant fait son entrée dans le champ qu’en 2003.
Toutefois, dans le moment de vacillement imposé au lecteur, il appartient à la critique de faire le double travail de désignation et de recomposition du produit.
Une première lecture de Za situe le roman dans la lignée des fantasmagories parisiennes (chez Eugène Sue, chez Émile Zola) et londoniennes (chez Charles Dickens) du XIXe siècle, puis dans celle de la flânerie surréaliste (dans Nadja, dans Le Paysan de Paris) qui a contribué à la lisibilité de la grande ville européenne. Néanmoins, les années 1990 et 2000 ont vu s’accroître en France un intérêt général pour la condition migrante dont témoignent la manifestation culturelle “Étranger chez soi”, organisée par l’Afro-Américaine Toni Morrison en 2006 au musée du Louvre et les récents Goncourt franco-afghan et Renaudot guinéen (2008). Envahissant de plus en plus le centre-ville, situés à la croisée de plusieurs territoires géographiques et intellectuels, les écrivains exogènes occupent une place privilégiée qui leur permet de refaçonner des identités nationales et de reformuler les canons littéraires. C’est cette modification progressive des relations entre centre et périphérie dans un contexte mondialisé qui influence favorablement l’accès des créateurs comme Raharimanana à la publication.
La deuxième lecture révèle que le pleurer-rire ne constitue plus désormais une captatio benevolentiae du roman. Le rire aurait cessé d’être subversif selon le Magazine littéraire de juillet-août 2008, il est désormais niveleur. Dès lors, la poésie des villes permet de glisser de l’ésotérisme apparent de Za vers son contraire : l’exotérisme. Certes, une des clés du tissage sonore dans cette poésie, la prévalence de l’oralité, relève de l’identité malgache. Mais tout bien observé, Za livre un dire qui pourrait se déclamer sur le tempo du slam, génération contemporaine qui combat le désenchantement de la ville. La problématique de la réception qui sous-tend cette littérature rejoint en effet la réflexion pluridisciplinaire sur l’«enchantement » et le « désenchantement » vis-à-vis de la ville, développée notamment par l’équipe de Jean-Claude Seguin en 2007.
Phénomène d’hybridation ou de montage hétérogène, le texte déroutant est dans les faits un texte dérouté – dérouté du roman pour accomplir une volonté d’affranchissement sans limites. De là, une autre clé de lecture, la transgénéricité. Ce concept – étayé par la formule « le genre de travers » – repose de fait sur cette expérience de la traverse. « Passage, croisement, interférence, intersection, télescopage, les termes abondent qui pourraient efficacement décrire ces phénomènes […] rhéto-poétiques qui font de l’œuvre littéraire à la fois une traversée des genres et un espace traversé par les genres », précisent Dominique Moncond’huy et Henri Scepi.
À travers Za s’est déployée une stratégie de l’égarement et du brouillage, stratégie de l’inclassable héritée des surréalistes. Notamment, l’Aragon du poème intitulé Roman inachevé (1956) brave résolument les classifications courantes. La bravade, c’est là la tonalité générale de la poésie des villes, de Rimbaud à Grand Cops Malade en passant par Prévert.
Je m’arrête sur
- Rimbaud entre 1873 et 1876 :
Je suis un éphémère et point trop mécontent citoyen d’une métropole crue moderne […]. La morale et la langue sont réduites à leur plus simple expression […] je vois des spectres nouveaux […] […] la Mort sans pleurs, […] un Amour désespéré, et un joli Crime piaulant dans la boue de la rue.

- Prévert en 1966 :

Je vous salis ma rue et je m’en excuse
un homme-sandwich m’a donné un prospectus
de l’Armée du Salut
je l’ai jeté
et il est là tout froissé
dans votre ruisseau […]
Je vous salis ma rue pleine de grâce
l’éboueur est avec nous.

- Je finirais volontiers en slamant avec Grand Corps malade en 2008 :

Le bitume est un shaker où tous les passants se mélangent Je ressens ça à chaque heure et jusqu’au bout de mes phalanges.

- Mais dans cette liste de citadins désenchantés, il manquerait un Raharimanana (2008) : Za ne bouze pas dans mon linceul. Za comprend tout à fait maintenant que Za n’ira nullement me fracasser sur les murs d’ombres qui m’ouvriront à l’ailleurs tant espéré. Espérance. Esparance de merdra. Espurulence. Pulvérulence des envies. À mon fils.
À l’éclat de ma vie […]

Le plus important est la sentence déroutée de Rémy de Gourmont qui écrivait dès 1899 : « Au fond, il n’y a qu’un genre : le poème ».

__________________________________



Extrait de « L’Aube en maraude » par Nivoelisoa Galibert

Aube en maraude. Soties
© N.G. 2005

[Un Québécois à Diego]

Pour mon petit dernier, je plaide non coupable. Il n’en a pas moins vécu une coopération curieuse étrange surprenante, pris dans la tourmente d’une dépression collective.

Car Diego Diaz était en ces jours toute retournée. Le maire venait de décréter que huit cents taxis collectifs pour si peu de kilomètres carrossables dans une si petite ville, c’était bien excessif : l’on récompenserait tout Diegolais qui dénoncerait les chauffeurs consommateurs de khat joue gonflée commissures dégoulinantes doigts drogués sur billets bena-bena tout tordus de microbes. Ainsi l’on diminuerait le réseau de ces transporteurs abusifs et avec lui l’usure des chaussées et la diffusion du choléra. Émue par cette nouvelle pourtant bien de chez nous, l’université elle-même eut à s’interroger sur la pertinence d’un tel décret s’attaquant aux bien-aimées 4L au-revoir-la-France fiertés de la ville. Dans cette ambiance de perplexité citoyenne, les remue-méninges déplacèrent l’espace de leurs prises de positions à risques. On en oublia en effet les missions RIL Réseau de l’Ingénierie de la Langue et RUF Riche Unique Fragile de l’OUF, désormais toutes hors champ. On en oublia que les étudiants devaient arriver de toutes les régions du Beno-Beno pour suivre des cours intensifs dans la succession étourdissante des missionnaires venus du Nord.
Le premier arrivait de Montréal, feuille d’érable estampillée discret sur la sacoche de son portable. Il n’avait jamais mis les pieds ni dans le Sud ni au Beno-Beno et encore moins à Diego Diaz. Le taxiste qui l’amena de l’aéroport avait une joue gonflée. Mais faute d’information, il ne put le dénoncer à temps. Il rata ainsi la première occasion de se faire quelques FBNBN sans passer par le change qui vous frappe d’une commission bancaire hors du commun. Comme tout ce que nous faisons d’officiel au Beno-Beno d’ailleurs.
Entre autres menues choses, le Canadien fut un peu surpris de la couleur de sa ceinture de sécurité. Rouge latérite. Devait-il l’utiliser, ne devait-il pas. Manifestement, celle-ci n’avait jamais servi. Et pourtant, même en roulant à dix kilomètres à l’heure sur ce goudron cassé, on n’était jamais à l’abri du coup du lapin. D’ailleurs, personne des usagers de la cité ne semblait attaché. À l’allure où les voitures se croisaient dans les fondrières, il avait bien le temps de s’en apercevoir. Enfin, il demanderait à ce que la ceinture de la voiture de service fût démontée, lavée et vérifiée. La tête emplie de ces trois projets, il se força flegmatique à n’être désespéré ni par les piétons qui débordaient de partout, ni par la viande mouchetée du marché qu’il traversa, et encore moins par les tas de tomates échafaudés dans la boue de l’après-pluie. Il n’eut d’yeux que pour les flamboyants incendiant les rues, les grappes d’enfants en tablier mauves orange ou ciel, cinq à sept dans un pousse-pousse et la bonne humeur des sorties d’écoles. Allait-il se plaire à Diego Diaz, tout cela était tellement différent, à vrai dire il s’attendait à mieux mais ce n’était pas non plus la fin du monde. C’était autre.
Pour commencer, il en passa du temps dans ce taxi. L’homme au volant, malgré toute sa bonne volonté, ne comprit pas le mot Université, il n’avait en réalité jamais entendu parler que du KIR. Université ! quel est ce mot de sauvages le complexe s’appelle beaucoup plus court CUR entendons Centre Universitaire Régional. En attendant que son client fût plus clair quant à l’objectif de la course, le chauffeur avait décidé de desservir toute la ville. Puisque le taxi était collectif. Ce que le Canadien, l’esprit alerte, réalisa assez vite.
Quand enfin il put expliquer sa destination, il était seize heures, il n’avait pas encore déjeuné, et tous les bureaux du campus étaient déjà clos. Délabrées, les salles de cours ne l’ébranlèrent point : il savait que le Beno-Beno n’était pas l’Amérique ni même le Pérou. Première journée dans le désert. Dans ces cas, il y a toujours un Hôtel de France où aller, pour peu qu’on connaisse son histoire des relations internationales.
Tôt le lendemain, il se rendit pieds et poings liés au kir.
La surprise fut la même dans les deux camps de la coopération bilatérale :
- Comment, vous êtes déjà là, Monsieur le Professeur ? Mais quel jour du mois sommes-nous ?
- Mon ordre de mission disait bien le 8 novembre, n’est-ce pas ? Y a-t-il un souci ?
- Mais non, Monsieur le Professeur, tout va bien. Simplement, Monsieur le Professeur, vous ne pourrez faire cours, les étudiants sont encore dans leurs villes de résidence respectives… À vrai dire, Monsieur le Professeur, ils n’ont pas été convoqués.
L’avantage de la francophonie, c’est qu’elle permet d’utiliser les tournures passives en se passant de complément d’agent.
Enfin déconcerté, notre ami canadien s’entendit formuler une question aussi problématique que dans un rêve noué cauchemar :
- Dites-moi ce que je dois faire.
Question que, le plus souvent maître de lui, il n’avait jamais posée à personne avant ce jour. Il faut un début à tout mon petit loup.
- Réfléchissons, Monsieur le Professeur. On peut envisager de vous installer dans un bungalow les pieds dans l’eau vous n’aurez pas fait le voyage pour rien vous verrez comme la rade est belle captivante la mer douce revigorante les lémuriennes mystérieuses attachantes.
Pour ma part, au moment où j’écris, je ne vois d’autre issue au problème du Canadien que de céder incognito à cette sollicitation multiple.

Parce que pendant tout le temps inédit de cette discussion, les zébus arachnéens attachés aux rachitiques échafaudages des amphithéâtres en réhabilitation n’avaient pas cessé de pousser d’interminables beuglements mélancoliques. En effet, depuis les deux années de son accession au pouvoir, notre président, naguère producteur de bon yoghourt maison, avait importé dans la région des vaches laitières de Normandie : ces pis hénaurmes d’immigrées boréales avaient quelque chose d’indécent, nos mâles bovins n’étaient jamais sortis du deuil de leurs belles zébutes. Décidément, ce n’étaient pas eux qui pouvaient soutenir leur attention pendant la dizaine de séances lexico-sémantiques prévues, si élaborées fussent-elles.



Humour noir made in Madagascar

JOLIES TOMBES

Tombe militaire
© N.G. 2008

Je trouve effarant cet article diffusé ce jeudi 16 octobre 2008 par « Les Nouvelles, quotidien national [francophone] d’information et d’analyse », et signé « Mparany ».
Resterons-nous encore longtemps dans l’obscurantisme sans espérer un minimum d’analyse de la situation ? Les livres des chercheurs ne sont lus de personne : ça, on le sait. À qui revient la tâche de la mise au point dans ce cas ?
Pouvez-vous lire ce compte rendu de fait divers jusqu’au bout et me dire ce qu’il faut en penser ? Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.
J’ai si mal à ce pays !
Un souhait : que les morts reposent en paix.
Nivoelisoa Galibert

« Le meurtrier court toujours

La police est toujours à la recherche de Noël, le jeune homme qui est suspecté d’être l’auteur du meurtre d’un commerçant chinois, habitant Ambanidia.

Le 17 septembre dans la nuit, Noël qui venait juste d’être embauché par le couple est venu avec un autre individu. Sans ambages, Noël et son ami ont violemment frappé le Chinois et son épouse. Les croyant morts, ils les ont abandonnés. Mais avant de quitter les lieux, ils ont emporté plusieurs cartes de recharge et une somme d’une valeur de 2,4 millions d’ariary.

Le père de famille décédera le 1er octobre. Quant à sa femme, elle reçoit toujours des soins intensifs à l’hôpital.

Saisis de l’affaire, les enquêteurs du service central des affaires criminelles ont mené un véritable travail de fourmis pour avoir des pistes pouvant élucider l’affaire.

Hier, ils ont mis la main sur un jeune homme dénommé Congo. Ce dernier n’est autre qu’un voisin du couple. Lors de l’enquête, Congo a avoué avoir aidé Noël dans le vol. Par contre, il a nié toute implication dans le meurtre. «Je viens de consulter un voyant à Tsiadana et celui-ci a déclaré que Noël m’avait menti quant au montant exact du butin. Tout comme vous, je suis également à sa recherche», a-t-il déclaré évasivement aux enquêteurs.

Congo sera présenté au parquet ce jour. »


Mundus Antiquitatis |
2008: Sur les chemins du su... |
Ben & Marion's Australi... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | CanadaBlog
| Tafraout - Circuits Excursi...
| almimi