« Je suis mille possibles en moi » (A. Gide)

Quelques travaux réalisés : ouvrages, articles et communications (1995-2009)

Bureau
© N.G. 2008

Voir Livres Google à l’URL : http://www.google.fr/search?hl=fr&lr=lang_fr&client=firefox-a&hs=umK&tbo=1&rls=org.mozilla:fr:official&tbs=bks:1&q=nivoelisoa+galibert&start=10&sa=N. Site consulté le 26 avril 2010.
PUBLICATIONS :
OUVRAGES

- Nivoelisoa Galibert : Relation véritable de la prise d’un terrible Géant en l’isle de Madagascar…, anonyme de 1665, présenté par Nivo Andrianjafy, Antananarivo, Éditions du Centre Culturel Albert Camus, 1995, 68 p.

- Nivoelisoa Galibert : Madagascar dans la littérature française de 1558 à 1990. Contribution à l’étude de l’exotisme, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2 tomes, 1997, 1160 p [thèse de doctorat d'Etat, février 1995]

- Nivoelisoa Galibert : Chronobiliographie analytique de la littérature de voyage sur l’océan Indien des origines à 1896 – Madagascar Maurice Réunion -, Paris, Honoré Champion, coll. Histoire du livre et des bibliothèques 4, 2000, 239 p

- Nivoelisoa Galibert : À l’angle de la Grande Maison. Les Lazaristes de Madagascar : correspondance avec Vincent de Paul (1648-1661), Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. Imago Mundi, Série Textes 3, 2007, 543 p. (+ 11 p. ill., h. t.)

ARTICLES, CHAPITRES D’OUVRAGE ET COMMUNICATIONS

- Nivoelisoa Galibert : « Le regard de l’Autre et Madagascar », in Jean-François Reverzy, éd., L’Exclusion, Saint-Gilles (La Réunion), 05-10 novembre 1995. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar dans la Littérature française de 1558 à 1990 : contribution à l’étude de l’Exotisme », Antananarivo, Académie Nationale malgache, 15 juin 1995. Présentation de thèse. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Liliane Ramarosoa : Anthologie de la littérature malgache d’expression française des années 80, Paris, L’Harmattan, 1994 », Notre Librairie, n° 128, oct.-déc. 1996, p. 96. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Jean-Louis Joubert, et al. : Littératures francophones de l’océan Indien. Anthologie, Paris, ACCT, 1996 », Notre Librairie, n° 128, oct.-déc 1996, p 39. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar », Guide du théâtre en Afrique et dans l’océan Indien, Première édition, Paris, Afrique en créations, 1996, p. 191-193. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Le français à Madagascar : l’exemple de l’art dramatique » in Sélim Abou et Katia Haddad, éds., La Diversité linguistique et culturelle et les enjeux du développement, numéro spécial d’Actualité scientifique, Paris / Beyrouth, AUPELF/UREF / Université Saint-Joseph de Beyrouth, 1997, p. 391-409. Communication 1995

- Nivoelisoa Galibert : « Histoire, littérature et société : le silence malgache », in Jean-François Reverzy, éd., Désir colonial et psychanalyse de la décolonisation, Antananarivo, ASPMOI/ARRPPOI/Editions Grand Océan/Université d’Antananarivo, 28-29-30 novembre 1997. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Le décivilisé de Renel à Mallet », Séminaire international DEA Langage et parole , UPRESA 1041 du CNRS, 10-14 février 1997. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Les écrivains français et Madagascar : de la Relation véritable au conte philosophique », in Paolo Carile,dir., Sur la route des Indes Orientales Aspects de la francophonie dans l’océan Indien, Paris/Ferrare, Nizet / Schena, t. 2, 1998, p. 71-93. Article

- Nivoelisoa Galibert : Préface du roman Le Décivilisé de Charles Renel, La Réunion, Éditions Grand Océan, coll. Le Roman colonial, 1999, p. 7-16. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Libertalia : le rêve pirate de 1709-1710 », Bulletin de l’Académie Malgache, Tananarive, tome 76/1-2, 2000 (2001). Communication 1998

- Nivoelisoa Galibert : « Littérature et sociologie. Point sur la littérature malgache d’expression française », in Jean-François Hamon et Yu-Sun Live, éds., Kabaro, revue internationale des sciences de l’homme et des sociétés, vol. 1, n° 1/2, Paris, L’Harmattan/Université de la Réunion, 2000, p. 203-219. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Le ‘décivilisé’ dans la littérature française sur Madagascar », in Bulletin de l’Académie Malgache, tome 75/1-2, p. 17-23. Communication 1999

- Nivoelisoa Galibert : « Madagascar : les femmes écrivains des années 1980 et la langue française », in Jean-Cléo Godin, éd., Nouvelles écritures francophones : vers un nouveau baroque ?, Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, coll. Espace littéraire, 2001, p. 428 à 439. Communication 1998

- Nivoelisoa Galibert : « Histoire, littérature et société : le silence malgache », in RAHARIMANANA Jean-Luc, éd., La Littérature malgache, Interculturel Francophonies 1, juin-juillet 2001, Lecce (Italie), Argo Editions, 2001, p. 87-103. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Mer Indienne et imaginaire français au XVIIe siècle : Relation véritable de la prise d’un terrible géant dans l’Isle de Madagascar…, récit anonyme de 1665 », in V. Y. HOOKOOMSING et Kumari R. ISSUR, éds., L’Océan Indien dans les littératures francophones, Paris, Karthala /Université de Maurice, 2003, p. 40-55. Communication 1997

- Nivoelisoa Galibert : « Daniel Defoe, le rêve pirate et l’océan Indien : un siècle de distorsions (1905-1998) », in Sophie LINON-CHIPON et Sylvie REQUEMORA, éds., Les Tyrans de la mer. Pirates, corsaires et flibustiers, Paris, Presses de l’Université Paris Sorbonne, coll. Imago Mundi 4, 2003, p. 265-281. Communication 2000.

- Nivoelisoa Galibert : « Itinéraire d’un volcan : savoir, idéologie, imaginaire autour du Piton de La Fournaise de J.-B. Bory de Saint-Vincent (1804) à M.-A. Leblond (1946) », in Dominique BERTRAND, éd., Mémoire du volcan et modernité, Université de Clermont-Ferrand, Paris, Honoré Champion, 2004, p. 179-194. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « Coalescence : voyageurs français et écrivains créoles réunionnais devant le piton de la Fournaise (1801-2001) », in Jean-Luc RAHARIMANANA, éd., Identités, langues et imaginaires dans l’océan indien. Interculturel Francophonies, Lecce, Argo [Alliance française], n° 4, nov.-déc. 2003, p. 153-176. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Port de badge et vision panoptique : les dockers’ flats de Port-Louis dans Rue La Poudrière (1988) d’Ananda Devi », in Ports et voyages dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe-XXe siècles.) Revue Historique des Mascareignes, Association Historique internationale de l’Océan indien (AHIOI), Université de La Réunion, n ° 5, 5e année, 2004, p. 95-109. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Fanjahira ou la coupure », Ports et voyages dans le Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe-XXe siècles). Revue Historique des Mascareignes, Association Historique internationale de l’Océan indien (AHIOI), Université de La Réunion, n ° 5, 5e année, 2004, p. 183-189. Communication 2003

- Nivoelisoa Galibert : « La beauté convulsive du pic du Teide », in Dominique BERTRAND, éd., L’Invention du paysage volcanique, Presses de l’Université Blaise Pascal, coll. Volcaniques, 2004, p. 153-166. Article

- Nivoelisoa Galibert : Chronobibliographie analytique d’ouvrages de voyages sur La Réunion, des origines à la fin du XIXe siècle, N. Dodille, éd., http://www.littérature-réunionnaise.com. Base de données bibliographiques

- Nivoelisoa Galibert : « Désirs et symptômes : l’invention de l’espace dans Poèmes et paysages (1852-1892) », in Prosper ÈVE, éd., Auguste Lacaussade (1815-1897). Le fils d’une affranchie d’avant 1848. Milieu. Action. Modernité, s.l. [Saint-Denis de la Réunion], Océan Éditions, 2004, p. 223-235. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « De l’obsidienne capillaire aux cheveux du volcan : le Piton de la Fournaise dans la psyché des contes pour la jeunesse », Marie-Françoise BOSQUET et Françoise SYLVOS, éds., Magma mater. Imaginaire du volcan dans l’océan Indien, Paris / Saint-Denis, L’Harmattan / Université de La Réunion, Le Publieur, 2004, p. 33 – 50. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « La pierre vierge de tout ciseau : Nicolas Mayeur (1747-1813), voyageur interprète, et les pratiques dévotionnelles malgaches », in Sophie LINON-CHIPON et Jean-François GUENNOC, éds., Transhumances divines. Récits de voyage et religion, Paris, PUPS, coll. Imago mundi 9, 2005, p. 211-222. Communication 2001

- Nivoelisoa Galibert : « Saveurs osées : Le Repas et l’amour chez les Merinas de Jean Paulhan (1912) », in Corinne DUBOIN, éd., Dérives et déviances, Paris / Université de La Réunion, Le Publieur, 2005, p. 233 – 244. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « L’océan Indien missionnaire à l’épreuve de l’altérité : du dispositif triadique Réunion-Maurice-Madagascar au procès d’inculturation (XVIIIe-XXe siècles) », Dynamiques dans et entre les îles du Sud-Ouest de l’océan Indien (XVIIe au XXIe siècles), Revue historique de l’océan Indien, n° 1 , 2005, p. 17 – 31. Communication 2004

- Nivoelisoa Galibert : « Régions inhabitées : l’invention du paysage malgache dans l’œuvre de Robert Mallet (1915-2002) », in Serge MEITINGER, éd., Espaces et paysages. Cahiers CRLHOI, n° 14, Paris / Saint-Denis, L’Harmattan / Université de La Réunion, 2006, p. 226 – 238. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Des lettres encodées à l’itération : la face lisible de l’identité lazariste au Fort Dauphin (1648-1661) », Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 3, mars 2006, p. 9 – 18. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Res fictae, res factae : les lazaristes du Fort Dauphin dans l’imaginaire collectif », Varia. Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 5, mars 2006, p. 9 -18. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Métissages dans l’écrit littéraire malgache de 1926 à 1972 », Kiltir kreol / Culture créole, n° 5, octobre-décembre 2005, Maurice, Centre Nelson Mandela, 2005, p. 63-74

- Nivoelisoa Galibert : « Exilée du langage. Ananda Devi : entre cosmopolitisme et repli sur soi », Les Femmes dans l’océan Indien. Tsingy, Revue de l’Association des Professeurs d’Histoire et de Géographie de Madagascar, n° 6, septembre 2006, p. 85 – 94. Article

- Nivoelisoa Galibert : « De l’histoire-récit à l’histoire-discours », Science, Techniques et Technologies du XVIIe au XXe siècles, Revue historique de l’océan Indien, n° 2, 2006, p. 298-301. Synthèse de colloque. Communication 2005

- Nivoelisoa Galibert : « Séméiologie des maladies tropicales au XVIIIe siècle : du Nouveau Voyage aux grandes Indes […] de Luillier (1726) aux Études de la nature de Bernardin de Saint-Pierre (1784) », Science, Techniques et Technologies (XVIIIe au XXIe siècles), Revue historique de l’océan Indien, n° 2 , 2007, p. 7 – 18. Communication 2005

- Nivoelisoa Galibert : « Hilaire Dovonon : La Floraison des baobabs. Nouvelles, Gibles, d’un Noir si Bleu, coll. Traverses, 2006, 269 p », Retours sur la question coloniale. Cultures Sud. Notre Librairie, n° 165, avril – juin 2007, p. 149. Compte rendu

- Nivoelisoa Galibert : « Les ‘sentiers vagabonds’ de Barlen Pyamootoo », Nouvelle génération. 25 auteurs à découvrir. Cultures Sud. Notre Librairie, n° 166, juillet-septembre 2007, p. 147-149. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Jacques-Félicien, enfant choyé de la croix catholique », Jean-Luc RAHARIMANANA, éd., Jacques Rabemananjara. Interculturel Francophonies, n° 11, juin – juillet 2007, p. 181-199. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Palimpsestes dans l ‘écrit littéraire malgache », L’Archipel des Lettres, Ouessant, Association CALI (Cultures, Arts et Lettres des Îles), n° 1, janvier – juin 2007, p. 90-107. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Jacques Rabemananjara (1913-2005). Une perpétuelle négociation de l’identité », Poésie : Grandes Voix du Sud, Cultures Sud. Notre Librairie, n° 164, janvier – mars 2007. Article

- Nivoelisoa Galibert : « De l’ambiguïté d’une oeuvre à l’ambivalence d’une décolonisation : les Réunionnais Marius-Ary Leblond et l’océan Indien », in Y. Combeau, éd., avec la collaboration de Didier Galibert, La Réunion et l’océan Indien. Histoire et Mémoires. XVIIIe-XXIe siècles, Paris, les Indes savantes, 2007, p. 117 – 128. Communication 2006

- Nivoelisoa Galibert : « Océan Indien : Madagascar et Mascareignes : XVIIe-XXIe siècles », in Claire LAUX, éd., Les Écritures de la mission dans l’outre-mer insulaire (Caraïbes, Océanie, Mascareignes, Madagascar), Turnhout, Brepols Publisher, coll. Anthologies et documents de textes missionnaires, 2007, p. 65 –126. Chapitre d’ouvrage

- Nivoelisoa Galibert : « Lettres du Fort Dauphin à Vincent de Paul (1648-1655) : un corpus encodé, lieu de surgissement de l’identité lazariste. Comparaison entre le Registre 1501 Madagascar et les manuscrits dits ‘du père Baldacchino’ », Transversalités. Revue de l’Institut catholique de Paris, n° 104, oct. déc. 2007, p. 113-124 [actes, Ch. Paisant, éd., Les Écrits missionnaires. Le non publié, le publié, colloque du Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur les Écritures Missionnaires de l’Institut Catholique de Paris (4-5 mars 2005)]

COLLOQUES : N. B. Voir aussi les mentions « Communication » dans paragraphe « Publications : Articles et communications »

- Nivoelisoa Galibert : « À propos d’un retour de Goa : Lettres de Lazaristes du Fort Dauphin (1649-1656) à Monsieur Vincent de Paul (5 février 1650) », in CRLV (Paris-IV Sorbonne), Université de Nice et Château de Grignan, Grignan, éds., Imago Mundi II : Lettres et images d’ailleurs, 19 et 20 octobre 2001. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Lettres du Fort Dauphin à Vincent de Paul (1648-1655) : un corpus encodé, lieu de surgissement de l’identité lazariste. Comparaison entre le Registre 1501 Madagascar et les manuscrits dits ‘du père Baldacchino’ », in GRIEM, éd., Les Écrits missionnaires. Le non publié, le publié, Paris, Institut Catholique de Paris, 4 et 5 mars 2003. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Quelques enjeux littéraires et stratégiques de la diaspora francophone de l’océan Indien » in Peter HAWKINS et Julia WATERS, éds., Les littératures et cultures post-coloniales de l’Océan indien francophone : diasporas, migrations et identités, Centre for Study of colonial and postcolonial Societies, University of Bristol, 13 – 15 juillet 2006. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Dialogue avec l’autre, dialogue avec le même : un témoignage missionnaire à Madagascar en 1929 », in Jean-Michel RACAULT et Marie-Françoise BOSQUET, éds., Le Dialogue d‘idée et ses formes littéraires, Paris/Saint-Denis de La Réunion, L’Harmattan : Université de La Réunion, 2008, p. 233-243 [Journée Crlhoi, Université de La Réunion, 25 mars 2006]. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Du désordre fictionnel aux faits éclairants : le citoyen Lescallier à Madagascar (1792) », in Jean-Michel RACAULT et Marie-Françoise BOSQUET, éds., Colonisation et idéologies coloniales dans l’océan Indien (16e-18e siècles) : échos et prolongements, Université de La Réunion, Journée Crlhoi, 14 avril 2007. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « La ‘conversion des peuples’ : lazaristes et antanosy à Madagascar au XVIIe siècle », in P. ÈVE, éd., Missiologie de l’océan indien, Université de La Réunion, 9-11 avril 2007. [Voir Documents sonores de l'ARCC (Association Réunionnaise Culture Communication), courriel : culturearcc@gmail.com] Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Le non-dit de Barlen Pyamootoo (né en 1960) : Hindous et Créoles de Maurice entre identité, ipséité et altérité », in Nicole Khouri, éd., L’Afrique des Indiens. Outre-Mers. Revue d’histoire, n° 360-361, 2e semestre 2008, p. 109-127. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Aux sources de l’hybridité : le citoyen Lescallier à Madagascar (1803) », colloque Sielec [Société internationale d'étude des littératures de l'ère coloniale], Culture, identité et transferts culturels : Étude des imaginaires culturels à l’Ère des empires, Montpellier, Université Paul Valéry, 14 – 16 mai 2008. Communication [actes à paraître in Les Cahiers de la Sielec en 2010]

- Nivoelisoa Galibert : « De l’isle Saint-Laurent à l’isle Bourbon : mariages mixtes au fort Dauphin au XVIIe siècle », L’Archipel des Lettres, n° 3, juin-décembre 2008, p. 107 – 117. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Entre Histoire et Mémoire : le mystère des origines à Madagascar », Ouessant, Association CALI (Cultures, arts et littérature insulaires], La Naissance des îles, Salon international du Livre insulaire, samedi 23 août 2008. Conférence

- Nivoelisoa Galibert : « Johary Ravaloson ‘Entre désir et détermination’ », Cultures Sud, n° 170, juillet-septembre 2008, p. 117-122 p. [Article, CR, extrait choisi de La Porte du Sud]

- Nivoelisoa Galibert : « À l’angle de la Grande Maison : le Fort Dauphin des lazaristes (1648-1674) », in Marie-Françoise Bosquet, Serge Meitinger et Bernard Terramorsi, éds., Aux confins de l’Ailleurs. Voyage, altérité, utopie. Hommages offerts au professeur Jean-Michel Racault, Paris/Saint-Denis, Klinclsieck/Université de La Réunion, 2008, p. 23-33. Article

- Nivoelisoa Galibert : « Dialogue avec l’autre. Dialogue avec le même. Un témoignage missionnaire à Madagascar au début du XXe siècle », in Marie-Françoise Bosquet et Jean-Michel Racault, éds., Pour une poétique de l’échange philosophique : le dialogue d’idées et ses formes littéraires, Paris / Saint-Denis de La Réunion, L’Harmattan/Université de La Réunion, 2008, p. 233-244

- Nivoelisoa Galibert : « Des mystères essentiels du christianisme au syncrétisme : les missionnaires de Canada vus par les lazaristes à travers les textes de Vincent de Paul (1633-1660) », in Nicole LEMAITRE, éd., La Mission et le sauvage. Huguenots et catholiques d’une rive atlantique à l’autre, XVIe-XIXe siècles, Paris, CTHS, coll. CTHS Histoire, 2009, p. 183-198 [Actes du 133e congrès du Cths, Comité des travaux historiques et scientifiques], Migrations, transferts et échanges de part et d’autre de l’Atlantique, à l’occasion du 400e anniversaire de la fondation de Québec, Québec, 2-6 juin 2008. Communication

- Nivoelisoa Galibert :  » Cultures citadines et esthétique de la réception : le cas du roman malgache Za de Raharimanana (2008) », in Jocelyn Chan Low, Prosper Ève et Faranirina Rajaonah, éds., Colloque international Multiculturalisme, échanges et métissages culturels dans les villes de l’océan Indien occidental (XVIIIe-XXe siècles), Paris-Diderot, Sedet, 13-15 novembre 2008 [actes à paraître en 2009]

- Nivoelisoa Galibert, « L’édition de la correspondance missionnaire comme paradigme de la résistance à l’oubli : l’exemple des lazaristes à Madagascar (1648-1674) », in Célèbres ou obscurs. Hommes et femmes dans leurs territoires et leur histoire, Cths, Bordeaux, 20 – 25 avril 2009. Communication

- Nivoelisoa Galibert : « Bildungsroman et décolonisation de Madagascar : Le Goût de la mangue de Catherine Missonnier (2001) », in Norbert DODILLE, éd., Idées et représentations coloniales dans l’océan Indien du XVIIIe au XXe siècles , Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, coll. Imago mundi 17, 2009, p. 451-465. Communication

- « Res fictae, res factae : les lazaristes de Madagascar au XVIIe siècle », Séminaire LMD, François Moureau, éd., Récits de première rencontre, Université Paris-Sorbonne, CRLV, 30 mars 2010. Conférence.

- Nivoelisoa Galibert : « L’invention des tropiques à travers l’oeuvre malgache de Robert Mallet (1915-2002″ in Cths, Paysages,  135 e congrès du Cths, Université de Neuchâtel, 6-11 avril 2010. Communication

 - Nivoelisoa Galibert :  » Les Vazaha very. Figures de décivilisés, de Renel à Mallet (1923-1964) « ,  RIRRA21/ MSH / SIELEC, in Les nouveaux mondes. Un mythe fondateur des littératures de l’ère coloniale, Montpellier, Unversité Paul Valéry, 26-28 mai 2010. Communication

- Nivoelisoa Galibert :  » ‘Mon Afrique qu’ils ont cambriolée‘  : les littératures de l’impertinence de Damas à nos jours   » , in Elikia M’Bokolo, Catarina Madeira-Santos, Jean-Claude Penrad, éds, Il était une fois les indépendances africaines…, Paris, EHESS, jeudi 21 et vendredi 22 octobre 2010 (à l’occasion de la Commémoration des 50 ans des décolonisations). Conférence-débat [Discutants : Livia Apa (Universiate di Napoli – L’Orientale), Jean-Paul Colleyn (EHESS) - Jean-Luc Racine (FMSH – CNRS)].

 



Quelques enjeux littéraires et stratégiques de la diaspora francophone de l’océan Indien
21 avril, 2010, 12:11
Classé dans : hybridite,ocean Indien

‘L’ici et l’ailleurs’: Postcolonial Literatures of the Francophone Indian Ocean
e-France : an on-line Journal of French Studies, vol. 2, 2008 ISSN 1756-0535,  Julia Waters, ed.

 © N.G.

Nous aborderons ce propos sur le nomadisme – pris au sens propre de déplacement physique d’un groupe qui n’a pas d’établissement fixe – par un constat paradoxal : nous n’adoptons pas les lieux, ce sont les lieux qui nous adoptent. C’est cette remarque qui rassemble a priori les auteurs de la postcolonie indiaocéanique.


Nomadisme et déterritorialisation : une règle de formation

Qu’y a-t-il de commun entre la Mauricienne Ananda Devi (née en 1957), les Malgaches David Jaomanoro (né en 1953) et Raharimanana (né en 1967), le Réunionnais J. William Cally (né en 1977) ? Tout d’abord, il s’agit de lauréats de prix francophones postcoloniaux (Prix RFI, Prix du conseil général de La Réunion, Prix Grand Océan, Prix Tardivat International…). Ensuite, ils sont diplômés d’études françaises (ou « lettres modernes ») – à l’exception d’Ananda Devi, docteur en sciences humaines. En troisième lieu, sauf J. William Cally qui confirme la règle de la congruence en ne quittant pas la Réunion, ils ont opté pour l’exil continental à la faveur des résidences d’écriture qui accompagnent les prix. Autre point commun : ils se sont moulés au genre court, lequel a toujours permis aux institutions francophones de les regrouper dans des collectifs. Ces recueils de nouvelles « africaines » primées par RFI depuis 1973 créent une divergence au sein de la critique française : les auteurs sont à présent édités, pour la plupart, dans ces grandes maisons d’éditions de leur continent, CLE, NEA et SNED – sans oublier la fidélité que leur manifestent des maisons parisiennes : l’Harmattan, Présence Africaine et plus récemment, Hatier et sa – belle – collection Monde Poche Noir, se félicite René Godenne, tandis que Claire Riffard déplore qu’« en France, [...] la complexité des stratégies d’éditeurs brouille les repères et permet difficilement l’émergence de nouvelles voix ». En effet, toutes ces éditions et collections telles que « Dauphin noir », « Lettres du Sud », « Encres noires » ou encore « Continents noirs » limitent la réception de l’œuvre, y compris indiaocéanique, au seul champ de la francophonie prise comme institution périphérique.

Une fois établis dans l’hexagone, la plupart de ceux qui ont eu l’opportunité de confirmer leur talent sont devenus visibles en intégrant le genre long du roman, se rapprochant ainsi de plus en plus des écrivains du Centre. Je n’en veux pour preuve que le procès des écrivains de la diaspora, servis parfois par les événements politiques, qui « quittent » selon l’expression d’Alain Mabanckou : si Raharimanana a quitté en 2004 Le Serpent à Plumes pour Joëlle Losfeld du groupe Gallimard, Ananda Devi a quitté en 2006 la collection « Continents noirs » pour la NRF, toujours chez Gallimard, grâce à Ève de ses décombres, Prix des cinq continents de la Francophonie 2006. Dans un autre mouvement, la levée de bouclier qu’a suscitée la loi sur le « rôle positif de la colonisation » en février 2005 a impliqué les Retours sur la question coloniale en 2007, rassemblant dans la protestation les auteurs d’un même territoire anciennement français et leurs sympathisants.

Le sentiment d’appartenance à un moment commun de l’Histoire couvait depuis trop longtemps pour ne pas induire par réaction une relecture du champ francophone dans ces sociétés en pleine mutation, prises dans les « convulsions mémorielles » du « moment post-colonial ». En effet, le dernier point commun à ce panel, notamment dans les premières œuvres, consiste en une interrogation permanente de la production, nouant écriture moderne et tradition de l’oralité populaire, qu’il s’agisse de la « contevelle » d’Ananda Devi ou de la « bébètique » de J. William Cally, « une littérature autochtone de genre fantastique [...], un mot inventé à partir d’un vocable réunionnais aux racines malgaches, connu de tous : le mot ‘bébèt’, qui sert à nommer le monstre ou le démon, à travers l’île ». Dans la « contevelle » comme dans la « bébètique », la rumeur se taille la part du lion – rumeur qui, en Afrique aussi, selon Xavier Garnier, « passe en fraude entre tous les discours pour éventer les secrets et crever les faux effets de profondeur. Alors peuvent s’élever, contre toute vraisemblance, les figures hautement littéraires du mangeur d’âmes ou du redresseur de torts, de personnages dont aucune Histoire positive n’a jamais retrouvé la trace, mais qui vibrent encore de tous les souffles de la rumeur»

Caractérisation : taxinomie et dysfonctionnement post-colonial
De fait, intellectuel, le sens figuré du nomadisme est encore plus subversif que le nomadisme physique.

Questionnement permanent de l’individu, il concerne les frontières de la littérature francophone. Dès lors, les enjeux littéraires et stratégiques soulèvent une problématique de la réception critique dans le sens d’une possible déterritorialisation : pourquoi ce continent de notre mémoire collective qu’est la « francophonie littéraire » demeure-t-il mal connu du lectorat français, à l’exclusion de quelques grands noms d’écrivains, Samuel Beckett, Eugène Ionesco, Milan Kundera, Andreï Makine, François Cheng, mais aussi de critiques Jacques Derrida, Tzvetan Todorov ? Cependant que les écrivains de la décolonisation sont cités, comme nous venons nous-même de le faire, davantage pour leurs exploits dans le champ éditorial que pour la matière qu’ils ont produite ou même l’influence qu’ils ont suscitée à l’instar des seuls Ahmadou Kourouma, René Depestre et Patrick Chamoiseau ? La postcolonie (sans le trait d’union), au sens que lui donne Achille Mbembe, est-elle le passage obligé de la littérature en français s’agissant du Sud ? Plus précisément, pourquoi l’imaginaire de l’écrivain ouest-indiaocéanique n’est-il recevable que cantonné dans l’extranéité de l’insularité ? Plus loin, sur le subcontinent indien, l’écriture littéraire se réclame d’une création à travers une langue minoritaire tout en se refusant à toute marginalisation : « Je ne suis pas en exil [...]. Je suis un critique du néocolonialisme, porteur d’une carte verte aux Etats-Unis. C’est une posture difficile pour négocier, car je ne me marginaliserai pas aux Etats-Unis dans le but de sympathiser avec des personnes vouées d’elles-mêmes à la marginalisation. Je veux jouer un rôle plus important dans un espace où le bengali est une langue de lecture, d’écriture [...] »

Entre, d’une part, le jugement qui élabore une taxinomie « fantastique » / « merveilleux anthropologique », et, d’autre part, le politiquement correct que l’on apparente au consensus d’une Association de Diffusion de la Pensée Française (Association officielle du ministère français des Affaires étrangères qui a produit la revue Notre Librairie jusqu’en 2006, année où la revue prend le titre principal de « Cultures Sud » pour changer de ligne éditoriale), le champ littéraire francophone de l’océan Indien est un théâtre aux scènes multiples dont les acteurs s’ignorent. Chaque troupe a ses auteurs favoris, ses décors de prédilection, sa tradition de jeu. Dans chaque rituel toutefois, « l’un écrit, mais nous lirons toujours sur son visage quelque chose comme un reflet de l’autre [en l’occurrence son horizon d’attente occidental] et, dans sa prose, le palimpseste de ce qu’il [en l’occurrence l’auteur] se cache à lui-même.»(François Moureau)

En effet, critiquer, c’est comme voyager, « c’est confier son destin au hasard des rencontres : on n’en revient jamais tout à fait indemne » (id.) . À la fois parce que ce questionnement épistémologique sur la fonction de critique est trop ambitieux et pour éviter les « mauvaises rencontres » des plumitifs qui essaiment dans le champ indiaocéanique, nous nous contenterons ici de traiter un sous titre : l’exemple d’Ananda Devi.

Entre cosmopolitisme et repli sur soi

L’œuvre d’Ananda Devi illustre à propos les stratégies d’écritures et d’éditions de la postcolonie, laquelle a déjà été conceptualisée et appliquée soit aux littératures africaine et antillaise autour d’Arlette Chemain ou de Romuald Fonkoua et Pierre Halen, soit au champ anglo-saxon dans l’esprit des travaux étatsunissiens de la New Comparative Literature évoquée plus haut. Quoi qu’il en soit, elle s’inscrit dans un champ spatio-temporel assez étendu pour qu’on la rapporte aux autres îles du Sud-Ouest de l’océan Indien dans la relation que ces îles entretiennent avec l’Europe, lieu de résidence des écrivains francophones indiaocéaniques les plus souvent édités. De fait, bien qu’esthétique aussi, la posture de l’écrivain de la diaspora est inséparable d’une élaboration idéologique : lorsqu’il est héritage de la colonisation, plus qu’extérieur, l’exil est devenu un voyage intérieur, à la fois paysage mental et condition d’écriture. En 1999, Ananda Devi confiait au public : « Je vis toujours dans la mémoire de Maurice. [...] En fait, cette île de référence appartient plus à mon imaginaire et à mes rêves qu’à la réalité. La source de mon écriture demeurera ce pays dans cette dimension onirique qui peut se contenter des liens les plus infimes ». Au cœur des  textes des « lauréats des mers du Sud », les leitmotive sont alors l’identité métisse ou la multiculturalité, en tout cas une apologie des contacts. De fait, la confidence d’Ananda Devi plonge nécessairement le critique dans un univers dynamique à deux contraintes : d’un côté l’effet de dévoilement que suggère le propos direct d’un créateur sur la « dimension onirique » de  son œuvre,  soit  l’envergure translocale de cette œuvre ; de l’autre la mouvance des publics et critiques qui se succèdent, dans des littératures devenues nomades, pour débusquer les lieux et les liens géopoétiques, la géopoétique étant basée sur le cheminement de lieu en lieu dans l’espace terrestre, à opposer ainsi à la cosmopoétique pour laquelle le cheminement se situe dans l’espace galactique. Littératures nomades, qualifiées d’ « hybrides »  suivant l’acception « francophone » de Dominique Chancé. Dans la fusion de deux univers symboliques, le propre et l’étranger, l’enjeu de la vision scrutatrice des lieux et des liens est immuable : la négociation de l’identité face à une altérité dont en définitive l’ethnicité figure la forme suprême. « L’ethnologie, c’est l’altérité maximum », décidait Gérard Althabe dans une de ses dernières études en 2005.

Une question s’impose alors : dans cette négociation permanente de l’identité, l’interrogation du genre peut-elle jouer le rôle de marqueur, pour suivre Rachid Rahaoui, dans le cheminement du « visible à l’invisible »?

Le corpus choisi pour suivre à la trace l’hybridation scripturale chez Ananda Devi est constitué de trois récits brefs tirés du recueil Le Poids des êtres (1987). Dans le premier, intitulé « L’arbre », le végétal verdoyant de la cour se déracine de lui- même à Noël quand le sapin vient à manquer. Dans le deuxième, « Ganesh », crépu, l’enfant est pourtant issu d’un couple tamoul hindou : devenu adulte, il tue son père qui l’a abandonné à l’opprobre. Dans le troisième enfin, le voyageur occidental renaît dans un acte sexuel avec une jeune Africaine : dans la « réalité », celle-ci est une enfant qui s’est suicidée cinq ans auparavant. C’est ainsi que systématiquement l’anthère s’ouvre pour livrer passage à des êtres monstrueux. La déhiscence est bien le motif qui relie les trois contes ou nouvelles choisis. La déhiscence – en botanique, « ouverture naturelle, à maturité, d’un organe clos », l’organe clos étant appelé « anthère » – exprime de fait dans la littérature de cet écrivain de l’océan Indien une métaphore, celle du passage naturel du réel au surréel, privilégiant le monstrueux. En effet, le plus intéressant dans ce recueil est que psychodrame et superstition s’y enchevêtrent pour convoquer une remise en question de la frontière entre les catégories consacrées par l’histoire littéraire occidentale : le surnaturel, le merveilleux et le fantastique.

Mais dans les catégories de l’« impensable », est-ce d’une nouvelle littérature que les rouages de l’écriture d’Ananda Devi rendent compte dans ce genre spécifique qu’elle a baptisé « contevelle » ? Le néologisme a été glané sur la quatrième de couverture du recueil Le Poids des êtres. Dans quelle mesure, la « contevelle », sous cette forme de travail de mémoire mortifère et de métaphore cathartique, répétée jusqu’à plus soif par les auteurs du Sud-Ouest de l’océan Indien, entre monstres dévoreurs et linceuls, ne dévoile-t-elle pas une identité indianocéanique qui résulte du brassage historique des mêmes cultures ? Enfin, parce qu’elle est foisonnante, à la fois générique, politique, linguistique et culturelle, la problématique peut-elle être la même dans toutes les littératures postcoloniales dont la diaspora en connexion en Occident serait alors l’élément fédérateur suivant la logique de Carl Fehrman ?

En effet, ce comparatisme fait déjà l’objet de nombreux travaux actuels depuis ceux de Jacqueline Bardolph dans Etudes postcoloniales et littérature. « Carl Fehrman, précise Didier Coste, dans son ultime chapitre, voit bien que la querelle du comparatisme français et du comparatisme américain est depuis longtemps dépassée dans la mesure où il s’est produit depuis les années 1950 un déplacement radical des enjeux, avec la réduction du rôle mondial des puissances européennes traditionnelles et la décolonisation, d’une part, avec la mondialisation, d’autre part. » Pour traquer le passage du réel au surnaturel, spécifique de cette identité indiaocéanique produite en français par Ananda Devi, nous articulerons notre propos autour de trois axes relatifs à la démarche créatrice : l’écriture tératologique ; la réflexivité d’un genre ; la libération par l’écriture.

La tératologie ou l’écriture de l’hybride

Le passage du réel au surnaturel pourrait se lire comme l’histoire des deux préfixes « sur- » et « in- ». « Sur-naturel », « sur-réel », et « im-pensable », « in-ouï » (« im-mémoire » sous la plume de Jeanne Gerval-Arouff) supposent en tout cas la superposition ou la privation, pour une allusion à l’uchronie de Charles Renouvier, « esquisse historique apocryphe du développement de la civilisation européenne tel qu’il n’a pas été, tel qu’il aurait pu être », en cela sœur jumelle de l’utopie. Quoi qu’il en soit, ces préfixes signent une liminarité, un seuil : le passage d’un monde vers un autre. Dans Le Poids des êtres, l’organisation du temps et de l’espace, catalyseur de tous les possibles, permet de fusionner monde fictionnel et monde réel. Le concept de liminarité, tel qu’il est développé par le folkloriste Van Gennep en 1909 puis surtout l’anthropologue Victor Turner en 1966 dans son Ritual Process. Structure and Anti-Structure, renvoie en effet à des rites qui constituent des moments en marge de la vie ordinaire, se déroulant dans des lieux particuliers, impliquant en général de l’ambiguïté, du désordre, de l’inversion, ou des comportements à la fois ludiques et spontanés. Cette phase implique la déconstruction des aspects ordonnés de la vie courante, accompagnée de leur possible reconstruction.

Le moteur de ces récits courts est en effet une volonté de transgression : c’est une prestation rituelle à l’intérieur d’un espace toujours symbolique. Nativité pour « L’arbre » ; passage à l’âge adulte pour Ganesh, le parricide ; frontières d’altérités (africaine et européenne) dans la rencontre avec la « Petite de Ganvié ». Les lieux de transformation narrative sont autant de situations liminaires, à l’image de l’« oraliture » elle-même, dont pourrait relever le fantastique assorti de la rumeur, et où tout devient possible : la fusion du réel et de l’irréel, du naturel et du surnaturel, du physique et du métaphysique. D’ailleurs, vu par les anthropologues, le contexte liminaire peut représenter un moment exceptionnel pour la création artistique, favorisant un métacommentaire réflexif sur la société et son histoire. Ainsi, grâce à l’usage de simples préfixes, l’introduction de la liminarité dans les récits devient une action réflexive qui laisse entrevoir un potentiel de transformation de la société indissociable des lieux réels évoqué dans l’énoncé : Maurice ou l’Afrique de Ganvié.

Autrement dit, il y a un bon usage de l’ici de l’auteur pour la mise en mots de « là-bas », la terre qu’on a quittée, usage qui peut expliquer la modernité de la première personne « je ». Mais dans ce « je » se dévoile parfois le cordon ombilical non tranché, le lien qui mène jusqu’au subcontinent indien s’agissant d’Ananda Devi. Les préfixes évoqués sont fondamentaux : ils caractérisent l’écriture d’une « réalité qui s’entremêle  au rêve », soit la parution d’une écriture frontalière qui constituera dans le temps long du chercheur le soubassement d’une « surhistoire » : la postcolonie littéraire en marche [...] 

Cette réflexivité de l’écrivain est de fait possible sous réserve de mobilité physique (« road movie » selon Ahmadou Kourouma,  « Rift, Routes, Rails »    selon Abdourahman Waberi) et psychologique de la personne. Née en 1957 dans une bourgade mauricienne, Trois Boutiques, lauréate à quinze ans du Prix de la nouvelle francophone organisé par RFI, avec « La cité Atlée », assorti d’une résidence d’écriture en France, lauréate de la Bourse d’Angleterre, Ananda Devi a pu mettre à profit ses diverses primes européennes pour poursuivre des études universitaires en Angleterre. Elle y obtient à vingt-cinq ans un doctorat en anthropologie sociale de l’Université de Londres. Tout compte fait, son choix a été de longue date la mobilité : ses récits sont aussi bien inspirés de l’enfance à Maurice que des années vécues jeune femme en Angleterre puis adulte accomplie à Brazzaville, au Congo. Ananda Devi réside actuellement sur la frontière franco-suisse dans le Pays de Gex. Ce choix du cosmopolitisme se démarque toutefois de la littérature noire francophone contemporaine par l’absence de l’humour institué comme approche quasi identitaire par le « pleurer-rire ». La gravité exclusive, Ananda Devi la rend au récit personnel, lequel redevient sous sa plume une manière de conte / mise en garde (cautionary tale). L’écrivain appartient en effet à cette génération de lauréats inassimilables dans le champ indiaocéanique. Ils n’avaient que peu d’avenir dans l’espace défenseur exclusif de la tradition ancestrale majoritaire, en l’occurrence la fraction d’origine indienne. Leur placement dans le champ s’effectue au prix de l’exil dans le Nord. Nous notons alors l’ambiguïté de leur statut. En amont, concourir auprès de l’institution Francophonie suppose une forte ethnicité de l’écriture. Nous semblons recourir ici au « déjà-vu » éditorial.

Mais si cette itération est prise au sens que lui donne Derrida et qui suppose « altération », elle conditionne plus que jamais la carrière des lauréats des concours littéraires placés par la déterritorialisation volontaire : tous les écrivains exilés grâce aux résidences d’écriture n’ont pas l’opportunité de « grandir » et de « quitter ».

Catharsis : exorciser les démons de l’enfance autochtone

Pour l’heure, il reste une possible problématique : le procès d’une identité régionale d’origine. Depuis Camille de Rauville (1990) en effet, l’indianocéanisme est manifesté par «le brassage des ethnies, des coutumes, des pensées et des croyances des habitants de l’Océan Indien, mais aussi par leur littérature ».

On peut y ajouter une règle de formation inférée par ces nouvelles écritures : la quête d’identité commence par une mise en ordre du monde qui exorcise les démons de l’enfance autochtone. Dans une étude de la représentation du volcan de la Fournaise dans les récits d’explorateurs et dans les littératures réunionnaises contemporaines, incluant les contes pour la jeunesse, nous avons déjà été amenée à conclure sur le rôle cathartique d’une anamnèse, d’un travail de mémoire collectif nécessairement mortifère comme réquisit de la quête identitaire : l’objectif de la littérature est d’exorciser les démons de l’enfance, peut-être pas de « disparaître par trop de défaite et de honte »,  comme  l’on  « [rêve]  sous  le linceul », mais de « mériter le volcan » : il faut accepter l’aventure dangereuse de la rupture d’un univers symbolique pour restructurer et conforter une identité. L’envoi du récit intitulé « Le Cache-Misère » est significatif des interrogations qui montrent qu’Ananda Devi n’est pas obsédée par une identité sédentaire ou aboutie :  « Maurice, au début du vingt-et-unième siècle, aura-t-elle un visage de vierge sacrificielle ? Sera-t-elle affligée, comme tant d’autres, de l’amnésie de l’innocence première ? Les gens poursuivront-ils, rayonnants et hallucinés, leur mirage doré, ignorant l’urgence du cœur tendu ? Peut-être… Toujours est-il qu’il nous faut nous défier des murs, murs de vaines bienséances, murs des apparats, murs des ostracismes, murs des vertueuses sournoiseries, murs de sournoises vertueuseries, tous les murs. Car les murs parlent d’interdits et d’intransigeance, ils parlent de refus et de rejet, ils parlent le langage injurieux de la haine et du mépris. Alors méfions-nous en, gardons-nous bien de devenir des murs, faits de briques et de béton, d’intolérance et de bêtise. Ainsi, la transgression des interdits va de pair avec la jouissance scripturale chez Ananda Devi. Il y a rupture du registre moralisateur dans le message des « contevelles » qui n’en finit pas de se tourner en dérision. Avec cette notion de dérision, plus proche de la pointe que de l’humour, nous ne sommes pas loin de la conscience collective évoquée plus haut, qui veut exorciser nos démons : la séparation (ou cloisonnement) s’agissant de Devi se situe certainement dans l’interstice de la légèreté de la création personnelle et de la pesanteur mauricienne, interstice plurivoque et paradoxalement constructif d’une identité indiaocéanique postmoderne. Car le divers intériorisé par le sari, ce nécessaire statement, n’est encore qu’une étape vers une polyphonie unissant les voix du Mahabharata (légende des origines indiennes) à celles des légendes européennes transcrites par Grimm ou Perrault.

L’univers symbolique dans lequel s’inscrit Ananda Devi entretient indéniablement un rapport de compatibilité avec un grand nombre de principes identitaires que l’on retrouve au terme de toute interprétation. Cet effet circulaire est imputable à une conception totalitaire du monde de l’altérité où tout fait signe, ce qui ne laisse pas de place à l’ignorance. Pour l’heure, nous retrouvons chez cet auteur le principe de coupure tel qu’il est développé dans l’esprit des travaux de l’ethnologue Roger Bastide :   « Ce n’est pas l’individu qui est déchiré, précise Denys Cuche, c’est l’homme qui découpe la réalité entre plusieurs compartiments étanches dans lesquels il a des participations différentes. S’il joue sur deux tableaux, c’est qu’il y a bien [...] deux tableaux. ». Le retour à l’insularité maternelle n’est pas sans risque : elle peut devenir une manne d’écrivains de l’ailleurs comme le pointent les succès de librairie dans d’autres aires d’accueil, ainsi l’Amérique du Nord d’une Haïtienne anglophone Edwige Danticat, ou d’un Haïtien francophone Danny Laferrière. De la première, auteur de Après la danse : promenade au coeur du carnaval de Jacmel, l’angliciste Corinne Duboin écrit qu’avec la publication de After the Dance  » la romancière et nouvelliste haïtienne-américaine [...] délaisse un temps la fiction pour [...] une promenade ‘au cœur du carnaval de Jacmel, Haïti.’ Or il s’agit davantage d’une redécouverte du pays natal que l’auteur a quitté vingt ans auparavant, à l’âge de douze ans, afin de rejoindre ses parents immigrés à New York. [...] « . Le carnaval est pour Danticat un état d’âme, une manière d’être et de voir le monde au quotidien. [...] Fil directeur d’un récit hybride, la mascarade devient alors métaphore qui autorise une ré- vision de l’histoire haïtienne [...] ainsi qu’un regard nouveau et éclairant sur soi. Du second, -Dany Laferrière – le lecteur retiendra que l’exotisme du Goût des jeunes filles, inspirant Le Goût de la mangue d’une Catherine Missonnier sur Madagascar (2001) secrète le moteur du « commerce de la librairie » selon Diderot.

Bibliographie et notes complémentaires URL : http://www.reading.ac.uk/e-france/section5/special.htm. Site consulté le 21 avril 2010



Rencontre-débat à Nanterre : Des mots pour langes… Intervenants : MC Gomez-Géraud et JM Moura
Des mots pour langes et quelques soties malgaches 

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Litt.générale
Récit

OUVRAGE DISPONIBLE

Librairie L’Harmattan

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sur Amazon.fr

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Dilicom (libraires)

 

 

 

Rencontre-débat

avec

Nivoelisoa Galibert

 

Université Paris-0uest – Nanterre

Mercredi 31 mars 2010

18h-19h30

Bât. L Salle R05

 

Discutants :

Marie-Christine Gomez-Géraud

Jean-Marc Moura

 

Des mots pour langes et quelques soties malgaches
Nivoelisoa Galibert
96 pages
11.00
Isbn 978-2-310-00508-1 

NOTE DE L’ÉDITEUR

À la fois caustique et tendre, railleur et réflexif, prosaïque et poétique, ce recueil suggère que le commerce avec l’Autre peut faire de la différence culturelle une source d’émotions inattendues… L’auteur y découpe la vie de Lisa, enfant à Madagascar puis universitaire, voyageant entre son pays natal et sa patrie d’adoption, la Francophonie. Madagascar, pays fantasmatique, devient alors « Mada », île-continent bien réelle dont les arcanes perdent un peu de leur mystère au fil des anecdotes contées !
Les textes présentés ici peuvent se lire d’une traite ou en se ménageant quelques haltes entre deux récits pour savourer une langue inédite.
Professeur de littératures comparées, née à Antananarivo, Nivoelisoa Galibert y a vécu jusqu’en 1970 puis de 1979 à 1996.
Après plusieurs années en alternance entre Madagascar et La Réunion, elle réside actuellement à Bordeaux.

 

 

 

 



Actualité d’une opinion émise le 6 mai 2009 sur la crise malgache

Extrait de « Le chercheur et le bureaucrate » par Ny Marina (voir LIENS)

Didier Galibert a raison d’écrire : « Le nombre des morts paraîtra faible au regard d’hécatombes africaines, mais c’est le code traditionnel, assimilant l’ordre social et politique des vivants visibles au cosmos tout entier – comme si l’affichage de l’usage de la force mettait en péril la totalité de la vie sociale, publique et privée –, qui a été violé ».
Sans doute pourrait-on pinailler sur l’« implacable hiérarchie de la naissance selon les ordres sociaux », sur ce qui serait « un héritage culturel privilégiant la non-responsabilité des puissants à l’égard du bien-être populaire » ou encore sur l’incapacité des Eglises à « jouer efficacement leur rôle d’encadrement et de médiation, du fait de la proximité de l’une d’elles avec le pouvoir »
Ce sont là points de détail que, valable sur le long terme dans le passé, la conclusion de Didier Galibert fait heureusement oublier : « l’histoire malgache paraît démontrer une capacité d’influence assez faible des acteurs étrangers. J’explique ce fait par la conjonction d’un sentiment insulaire puissant, d’une conscience nationale ancrée dans l’unité linguistique et religieuse – en amont du travail des missionnaires ».



Prix du livre jeunesse Ouessant 2009 : un excellent cru

Relevé dans Le Télégramme, quotidien de Brest, du 21 août 2009, dans la rubrique Prix du Livre Insulaire

La présidente du jury du Prix du livre jeunesse, Nivoelisoa Galibert, a déclaré, hier midi, « que 2009 est un excellent cru » et a salué les efforts des éditeurs de l’océan Indien.

Deux romans pour adolescents et dix albums pour les plus jeunes ont été retenus pour concourir dans ce prix de la catégorie «jeunesse». Et les membres du jury, les deux élèves du collège des Îles du Ponant, Lucille Guillerm et Manon Riou, leur professeur de français, Jean-Jacques Salaün, et les deux enseignantes, Gwenaëlle Baamara et Sophie Marhic, ont été unanimes pour décerner le prix du conte contemporain à « Le phare de l’enfant algue », écrit et illustré par Hugues Mahoas (éditions Coop Breizh). Le prix album de la découverte a été attribué à « Ali de Zanzibar », de Salim Hatubou (Orphie éditions). Le jury a décerné deux mentions spéciales à « Joshua ou la mer des histoires », de Delphine Ratel et Virginie Grosos (éditions Millefeuille), et « Les orangers de Tahiti », de Roxanne Marie Galliez, Emmanuelle Tchoukriel et Clémence Vasseur (éditions Balivernes). Les deux jeunes collégiennes ont été particulièrement contentes de participer à ce jury littéraire, de lire tous les livres et de défendre ceux qu’elles ont aimé.

« J’ai découvert une culture »

Comme Lucille Guillerm, défendant la cause d’ « Ali de Zanzibar », de Salim Hatubou : « J’ai découvert une culture. Les illustrations sont magnifiques et je l’ai lu trois fois tellement je l’ai aimé! ».



NIVOELISOA GALIBERT : QUI SUIS-JE ?

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© M.K. 2007

Chercheure associée au Crlv/Crlc de l’Université Paris-Sorbonne (Centre de recherches sur la littérature des voyages/Centre de recherche en littérature comparée), professeure associée à l’ENS/ITEM /CNRS (Institut des Textes et Manuscrits modernes, UMR du CNRS), également chercheure associée au Crlhoi de l’Université de La Réunion (Centre de recherches littéraires et historiques, de l’océan Indien), je suis née en 1953 à Antananarivo (Madagascar). J’y ai vécu jusqu’à mes 17 ans, où j’ai entrepris mes études supérieures en France pendant 10 ans. Après quoi, j’ai enseigné sous la tutelle du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche malgache pendant 16 + 4 ans à « Tanà » et à « Diego », ainsi qu’au lycée français de Tanà et au collège de l’Apeaf (Association des parents d’élèves de l’Alliance française, toujours de Tanà).
Pendant ce temps (de 1979 à 2006), je vivais en alternance entre Madagascar et l’Europe, puis Madagascar et La Réunion pour des raisons à la fois privées et professionnelles dont la préparation du doctorat d’État es Lettres Madagascar dans la littérature française de 1558 à 1990. Contribution à l’étude de l’exotisme, Septentrion, 1997, 1160 p – thèse soutenue à l’université Paris-Nord en 1995).
Mes deux principaux ouvrages personnels sont la Chronobibliographie analytique de la littérature de voyage... (Honoré Champion, 2000, 232 p.) et l’édition scientifique de la correspondance des lazaristes de Madagascar à Vincent de Paul (voir infra la liste des « travaux réalisés » : À l’angle de la Grande Maison… (Paris, PUPS, coll. Imago Mundi 3, 2007, 548 p. + h.t. ill. 11 p.). Complémentaire de l’Histoire de la Grande Isle Madagascar de Flacourt éditée par Claude Allibert chez Karthala (1995, 2007), ce dernier recueil met au service de tous publics, universitaire comme profane, un des rares témoignages collectifs approfondis en français dont nous disposions sur l’histoire de Madagascar au XVIIe siècle.
Mon conjoint, Didier Galibert, né en 1953 à Toulouse, docteur en anthropologie politique et professeur agrégé d’histoire au lycée Camille Jullian, est chercheur associé au Cresoi de l’Université de La Réunion (Centre de recherches et d’études sur les sociétés de l’océan Indien) et au Sedet de l’Université Paris-Diderot Paris 7 (Sociétés en développement : études transdiciplinaires). Entre autres travaux, il est l’auteur de l’ouvrage Les Gens du pouvoir à Madagascar : État postcolonial, légitimités et territoire (1956-2002) (Paris, Karthala/Cresoi, coll. Hommes et sociétés, 2009, 575 p [+ index 23 p. broché]).

Nous vivons actuellement à Bordeaux. Cette ville, majestueuse, cultivée, hédoniste et feutrée, d’une part donne l’opportunité de fréquenter une grande université spécialisée dans les problèmes africains et malgaches (voir l’Institut d’études politiques et le Centre d’études sur l’Afrique noire), d’autre part se situe à 2h 59 mn de TGV de la capitale où presque tout se passe, sans les contraintes d’un Paris au quotidien.

Passionnée de voyage sous toutes ses formes (déplacement physique, lecture, musiques du monde, contact de cultures, etc.), je suis servie par mon métier de chercheure en littérature de voyage sur l’océan Indien et en littératures francophones de l’océan Indien (Madagascar, Maurice, La Réunion essentiellement). Mes principaux éditeurs sont Honoré Champion, les PUPS, L’Harmattan/Université de La Réunion tant pour les articles que pour les ouvrages. 

Pour le reste, au plan privé, mes loisirs sont plus simplement la randonnée cycliste et la plongée en apnée, ainsi que toute activité culturelle qui ouvre au Tout-Monde. De temps à autre, j’aime cuisiner en créant pour ma famille et mes amis proches et échanger des recettes gastronomiques (salé-sucré) avec d’autres « aficionados ». J’oubliais : je me réapproprie mes souvenirs en écrivant beaucoup entre journal intime et fiction autobiographique. Ainsi, je suis auteure d’un recueil L’Aube en maraude. Soties, Antananarivo, chez l’auteur, 2005, et de tranches de vie personnelle qui s’efforcent d’être cathartiques, à la fois tendres et humoristiques. Un recueil de récits, Mots pour langes. et quelques soties malgaches, est paru aux éditions Amalthée (ISBN : 978-2-310-508-1). Le référencement en ligne est prévu autour du 15 février 2010  (dilicom, amazon.fr, fnac.com., www.editions-amalthee.com, etc.). Vous pourrez aussi le commander chez votre libraire de proximité.

Pour compléter ce portrait personnel, voici une fiche typiquement administrative à toutes fins utiles :

- Qualifiée par le CNU français aux fonctions de professeur des universités (sections 09 puis 10)

- Membre titulaire de l’Académie Nationale malgache

- Chevalier de l’Ordre National malgache-

- Ancienne élève d’hypokhâgne et de khâgne du lycée Edouad Herriot (Lyon, France)

- Directrice d’études invitée à l’EHESS, Paris, du 4 janvier au 2 février 2007

- Chercheure invitée au LCF N° 8143 du CNRS (ex-UPRESA N° 6058 du CNRS) pour le projet « Chronobibliographie analytique de la littérature de voyage sur l’océan Indien » subventionné par une bourse DEF de l’AUPELF/UREF (1996-1997 – Voir « Travaux réalisés : Publications : ouvrages »)

- Professeure invitée à l’Université de Caen-Basse Normandie (mars 2002) – Visiting Professor à l’Université de Maurice (2 x 3 semaines en avril et en mai 2001) – Membre du Groupe de Recherche Interdisciplinaire sur les Écritures Missionnaires, Centre facultaire de l’Institut Catholique de Paris (2002-2007)

- Membre du Comité scientifique et comité organisateur du Colloque Le Voyage à Madagascar : de la découverte à l’aventure intellectuelle, Tananarive / Fort-Dauphin, 13-18 octobre 2003 (Crlv Paris 4 et FLSH/Université d’Antananarivo)

- Membre du Comité scientifique de la Revue Historique de l’océan Indien, Association Historique Internationale de l’Océan indien (Prs Yvan COMBEAU, Prosper ÈVE, Sudel FUMA et Claude WANQUET présidents)

- Co-directrice scientifique avec Norbert DODILLE (Université de La Réunion) d’une Journée Crlhoi, Université de La Réunion, « Discours nomade », 2 avril 2005

- Co-présidente d’honneur du Colloque international Imago Mundi II : Lettres et images d’ailleurs avec M.-Ch. GOMEZ-GÉRAUD (CRLV Paris-Sorbonne, Université d’Amiens), Grignan, CRLP de l’Université de Nice et Château de Grignan, Grignan, 19-21 octobre 2001

- Visiting Professor à l’Université de Maurice (mars 2001 puis avril 2001)

- Membre du Jury du Prix littéraire de l’océan Indien (Conseil Général de La Réunion) 1999-2004

- Membre du Jury du Prix international du Livre Insulaire (Ouessant, Association Cultures, Arts, Littératures Insulaires ) depuis 2006

- Membre du Cths (Comité international des travaux historiques et scientifiques)

- Membre de la Sielec (Société nationale d’étude les littératures de l’ère coloniale)

- Membre du groupe de recherches interdisciplinaires « Espaces francophones, textes missionnaires et lieux de rencontre » de l’Université de Waterloo (Ontario anglophone)

- Directrice de l’École doctorale « Langues et Lettres » de l’Université d’Antsiranana (Madagascar) (2002-2004)

- Présidente fondatrice de l’Ascut (Association socio-culturelle de l’Université d’Antananarivo (1987-1996)

- Présidente fondatrice de l’Athmef (Association du théâtre malgache d’expression française) (1989-1991)

- Responsable fondatrice et animatrice de l’émission littéraire radiophonique « Le Cahier bleu » (Alliance FM 92) (1995-1996)

N.B. Si vous le souhaitez, vous pourrez entendre six de mes conférences (Encyclopédie sonore de Paris-Sorbonne/Crlv) en double-cliquant sur CENTRE DE RECHERCHES SUR LA LITTÉRATURE DES VOYAGES dans le lien VOYAGE ou PARIS-SORBONNE à gauche de votre écran.



PRIX DU LIVRE INSULAIRE D’OUESSANT 2009 : « Zaho Zafimaniry – Zafimaniry intime »

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© N.G. 2008

Catégorie « Regard poétique » :
Johary Ravaloson et Sophie Bazin, Zaho Zafimaniry – Zafimaniry intime, Antananarivo/La Réunion, éditions Dodo vole

par Nivoelisoa Galibert
(Article publié dans Les Nouvelles (Antananarivo à la parution de l’ouvrage)

Auteur de La Porte du Sud, « auteur dégagé » selon ses propres termes, Johary Ravaloson préside le groupe malgache « TsyKanto sy Tsimaninona [« Inesthétique et Insouciant »] et forme avec son épouse Sophie Bazin, comme lui plasticienne d’art contemporain, le tandem « Arius et Mary Batiskaf » (clin d’œil aux cousins Marius et Ary Leblond, célèbres écrivains de La Réunion où ils ont vécu pendant ces dix dernières années). Ludique et attaché à la transgression, le couple a toujours donné le ton à la défense du Dodo, oiseau emblématique des oubliés du Progrès.

Médecin et plasticienne, juriste et écrivain
Docteur en médecine, Sophie Bazin se consacre depuis 1996 à la peinture et à la gravure. « Volumes, performances et installations », précise-t-elle. Ses expositions sont connues aussi bien à Tana qu’à La Réunion ou dans sa Normandie natale : Padar à Tana, Les Fleurs bleues, Liberté plastik, Les Oiseaux, Sortir du corps, Mémoires organiques et autres réminiscences… Elle est actuellement en résidence de création à Caen. Quant à Johary Ravaloson, rappelons-le, nouvelliste et romancier, il a été plusieurs fois lauréat de concours francophones internationaux (Prix du Centre Régional des Œuvres Universitaires, 1996 ; Prix de la nouvelle de l’océan Indien, 1999 ; Prix Grand Océan de littérature d’inspiration religieuse, 2000 ; Prix Williams Sassine, 2005). C’est en 2005 qu’il remporte avec Les Larmes d’Ietsé le Prix du roman de l’océan Indien organisé annuellement par le Conseil général de la Réunion, jusqu’à présent inédité. Sans délaisser l’écriture (Géotropique est son dernier roman, à paraître), docteur en droit, il se retrouve depuis peu installé comme juriste dans sa ville natale, Antananarivo, où son épouse le rejoint.

« Du désir et de la détermination…, de l’ancestralité et de la contemporanéité »
L’idéal de vie du couple le positionne toujours entre le monde passé et le monde futur, lesquels le plus souvent sont une transmutation du présent. C’est en tout cas ce que Sophie Bazin et Johary Ravaloson donnent à percevoir dans Zaho Zafimaniry – Zafimaniry intime, relation d’un long voyage de 1996 à 2006, où ils ont vécu en alternance dans le triangle de la Réunion, du pays Zafimaniry et de l’hexagone. En découle un « savoir exogène – des lunettes singulières – », selon la superbe préface de Juliette Ratsimandrava. Un savoir qui permettra aux lecteurs d’apprécier à travers un texte bilingue de se laisser reconduire du « temps plié » vers un dedans d’une beauté exceptionnelle qui court après la règle. Photos (S. Bazin) et textes (J. Ravaloson) sont l’oeuvre à quatre mains d’esthètes qui ne concèdent rien au tamberi-tany  (perte de repères) d’un pays où carnet de route et tranches de vie au quotidien se font énonciation artisanale à la manière des contes : si proche du merveilleux, mais les pieds dans la réalité.

N.B. S. Bazin et J. Ravaloson, Zaho Zafimaniry – Zafimaniry intime, préface de J. Ratsimandrava, Éd. Dodo Vole, 2008, 84 p. et 48 photographies, papier filigrané, format 21 x 21 cm, 18 euros. Sorti le 24 mai 2008, disponible à Antananarivo à partir d’août, chez Lecture et loisirs (Galerie Zoom) et par le site des Éditions Dodo Vole dont les auteurs sont responsables : http://dodovole.blogspot.com/.



Ouessant 2009 : le palmarès intégral
27 août, 2009, 12:24
Classé dans : hommage,Ile Prix Livre insulaire,lieux de culture,ocean Indien

QUAND L’OCÉAN INDIEN REDEVIENT LE… GRAND OCÉAN

Palmarès du Prix du Livre insulaire (toutes catgéories) mis en ligne par Nivoelisoa Galibert

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© « Ouessant » D.G. (2009)

Grand Prix des Îles du Ponant :
- Rennie Pecqueux-Barboni, Costumes de Corse, Ajaccio, Editions Albiana

Prix Fiction : – Mylène Durand, L’immense abandon des plages, Montréal, Editions Pleine Lune

Prix Regard poétique : - Johary Ravaloson (texte) et Sophie Bazin (photographies), Zafimaniry intime Zafimaniry intime, Antananarivo-Saint-Denis de La Réunion, Editions Dodo vole

Prix Beaux Livres (2 ex aequo) : – Hubert Forestier et al., Mentawaï, l’île des hommes fleurs, Sommières, coédition IRD et Romain Pagès éditions, et Sonia Ribes-Beaudemoulin, dir., Biodiversité de la Réunion (collectif), Saint-Denis de La Réunion, éditions du Muséum d’Histoire naturelle de la Réunion

Prix Science / Essai : – Charlie Galibert, Sarrola 14-18, Ajaccio, éditions Albiana

Prix Roman Policier : - Gérard Chevalier, Ici finit la terre, Spézet, éditions Coop Breizh

Prix Littérature Jeunesse : - Conte : Hugues Mahoas, Le Phare de l’enfant algue, Spézet, éditions Cop Breizh et Album découverte : Salim Hatubou, Ali de Zanzibar, Saint-Denis de La Réunion, Orphie éditions

Mentions spéciales :
- Delphine Ratel et Virginie Grosos, Joshua ou la mer des histoires, s. l, éditions Millefeuille, et Roxanne-Marie Galliez, Emmanuelle Tchoukriel, Clémence Vasseur, Les Orangers de Tahiti, s.l., éditions Balivernes



Des mots pour langes (extrait)

Par Nivoelisoa Galibert

Malice
© N.G. 2008

« […]
idées que l’esprit a depuis longtemps conçues
et qui naissent enfin et grandissent avec des mots pour langes. »
J.-J. RABEARIVELO (1901[1903 ?]-1937)

[...]

« Adjoint anti-palustre ». La formule, très savante et offensive, avait fait rêver ma mère. Elle fréquentait l’École des Infirmières à Mahamasina. Pour devenir infirmière, c’était juste en face du Bureau Municipal d’Hygiène où travaillait mon père. Nous disions d’ailleurs « BMH », comme si c’était une formule magique qui allait faire sortir un double de mon père, pfffuittttt pfffuitttt abracadabra, du chapeau d’un magicien. Parce qu’il avait épousé notre mère, la plus belle, la plus douce, la plus brillante, la plus tout de toutes les infirmières de sa promotion. Elle était aussi la plus humble : pendant longtemps, elle s’était minorée, laissant croire à ses enfants que « adjoint anti-palustre », c’était au-dessus d’« infirmière ».
[...]



FELANIAINA, FAIS LA NANA

Par Nivoelisoa Galibert

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© N.G. 2006

Felaniaina Pétale-de-Vie a guetté la pluie toute la journée.
Le directeur babtou du Ccf Centre culturel français lui a fait un jour l’intéressante remarque qu’il n’est pas logique qu’une jeune femme qui a fait des études en France ne songe pas à sortir les plantes vertes de son bureau quand il pleut. Qu’elles se rafraîchissent un peu, sacrebleu !
Ben non scrogneugneu ! Ici en Malgachie, les plantes elles font ce qu’elles veulent partout dans la cour on ne les garde pas à l’intérieur ni d’ailleurs le chat ni le chien ni la tortue ni le tanrec ni le cardinal ni le canari ni l’indri ni le marsupilami.
[...]
Qu’il fait bon regarder la pluie fouetter ces Babtoues qui se précipitent à la bibliothèque mettre la main sur le dernier Nothomb.
No tombes. Des zombies… Quoi faire d’autre sous les tropiques quand on est épouse de diplomate.
- Ho ! Fais-la-nana, à ton poste !
Felaniaina. Mais que c’est compliqué le malgache ! Nous au Ccf, nous disons tous Fais-la-nana.


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